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Module 10: La promotion d’intérêts pour obtenir l’appui du public

Dans ce module, les conseilleres et conseillers vont examiner :
  • Les composantes d’une promotion efficace des intérêts du conseil
  • La relation entre la promotion des intérêts du conseil et le rendement et le bien-être des élèves
  • La relation entre la promotion des intérêts du conseil et les directives et politiques gouvernementales
  • La promotion des intérêts du conseil comme forme de démocratie en action à l’échelon local

Introduction

Lorsque les membres d’un conseil scolaire sont élus, ils assument la responsabilité de représenter leurs électeurs relativement à toutes les questions liées à l’éducation qui se posent dans leur circonscription. De plus, comme ils sont membres d’un organisme de gouvernance, une grande partie de leur rôle consiste à établir des orientations stratégiques et à approuver des politiques touchant des aspects importants de l’éducation, tels que le rendement des élèves, les programmes et les services scolaires, le climat scolaire ainsi que l’établissement du budget et l’attribution des ressources. En tant que porte-parole des systèmes scolaires financés par les fonds publics en Ontario, les conseillères et conseillers scolaires jouent un rôle tout aussi important en matière de promotion des intérêts. Dans leurs rapports avec les familles, les électeurs, les divers niveaux de gouvernement et le grand public, il leur incombe de représenter et de promouvoir les intérêts supérieurs des élèves et du conseil scolaire. Cela leur donne l’occasion de défendre la cause de l’éducation financée par les fonds publics et de promouvoir le rôle des conseils scolaires, qui consiste à offrir une éducation de haute qualité à l’échelon local.

Les systèmes scolaires financés par les fonds publics évoluent dans un environnement dynamique qui change constamment, et ils doivent réagir aux changements concernant le gouvernement, la législation, les attentes des parents, les pressions sociétales, les fluctuations de l’économie, les tendances nouvelles en matière de programmes d’enseignement et d’évaluation, ainsi que les progrès technologiques. Ces dernières années, en Ontario, ces facteurs ont entraîné une reconfiguration du travail des conseils scolaires et du rôle de leurs membres, et leur influence continuera de se faire sentir dans notre monde de plus en plus « branché ».

Pendant que le système d’éducation financé par les fonds publics continue d’évoluer et que les décideurs s’orientent vers des réformes continues, le rôle de promotion des intérêts que jouent les membres des conseils scolaires est appelé à devenir encore plus crucial pour l’avenir de l’éducation en Ontario. Un engagement plus profond au sein de la communauté et des communications interactives avec les électeurs qu’ils représentent constituent des aspects toujours plus importants du rôle des membres des conseils. La responsabilité que les électeurs ont confiée à leur conseillère ou conseiller scolaire, c’est de fournir une éducation de premier ordre à leurs enfants. Les conseillères et conseillers doivent donc faire en sorte que la voix des contribuables soit entendue par le gouvernement et que le gouvernement s’y montre réceptif.

La situation de l’économie ontarienne et l’évolution démographique font en sorte que la concurrence est toujours plus vive pour obtenir des fonds publics. Le défi que doivent relever les conseillères et conseillers scolaires de l’Ontario, c’est de convaincre le public que l’investissement dans l’éducation financée par les fonds publics est le placement le plus avisé qui soit si l’on veut assurer la cohésion sociale et la prospérité future de l’Ontario. Le rôle de promotion des intérêts que doivent assumer les conseillères et conseillers scolaires vise donc avant tout à obtenir l’appui de tous les secteurs de la société et les niveaux de gouvernement.

Qu’est-ce que la promotion d’intérêts?

Promouvoir ou défendre une cause ou une idée, c’est la soutenir activement. On peut le faire de bien des façons, notamment en prenant la parole pour attirer l’attention sur une question importante ou en cherchant à influencer les décideurs. Les intérêts à défendre sont habituellement ceux d’organisations ou de groupes particuliers et ceux du gouvernement. En éducation, la promotion des intérêts porte souvent sur des questions telles que le financement, les besoins particuliers, la langue d’enseignement ou l’éducation de la petite enfance – autant de questions qui ont comme dénominateur commun les intérêts des élèves et la valeur de l’éducation financée par les fonds publics.

Une personne n’a pas commencé à vivre tant qu’elle ne s’élève pas au-dessus des limites étroites de ses préoccupations individualistes pour s’intéresser aux enjeux touchant l’humanité toute entière.

  • Martin Luther King Jr.

Martin Luther King Jr. est l’un des nombreux leaders mobilisateurs qui ont reconnu la valeur de s’intéresser aux grands enjeux de l’humanité. Animés par un impératif profondément ressenti, ces leaders sont allés au-delà de leur cercle immédiat et de leur propre communauté pour intervenir au nom de personnes touchées par des enjeux particuliers. Les conseillères et conseillers scolaires sont appelés à faire de même. Un aspect essentiel de leur rôle aux multiples facettes est de dépasser les questions particulières qui les ont amenés à se faire élire pour promouvoir les intérêts des familles et des enfants, surtout si ces derniers n’ont personne pour parler en leur nom.

La promotion d’intérêts par les membres des conseils scolaires

Les membres d’un conseil scolaire possèdent toute une gamme de compétences, d’expériences, de connaissances, de valeurs, de convictions et d’opinions. Leurs antécédents sont variés, et cette diversité contribue à la prise de décisions judicieuses à la table du conseil. Ils connaissent bien les enjeux précis définis par les parents ainsi que les intérêts de l’ensemble de leur communauté. Ils tiennent compte des besoins particuliers de leur communauté lorsqu’ils étudient une question donnée, et ils encouragent leurs électeurs à prendre part à la vie du système scolaire. Ils passent une bonne partie de leur temps à répondre aux questions et aux demandes de leurs électeurs ainsi qu’à aider ces derniers à se frayer un chemin pour trouver des solutions à leurs problèmes.

Les conseillères et conseillers scolaires sont des leaders et, à bien des égards, de ceux qui exposent leur vision et inspirent les autres. Ils peuvent préconiser l’élimination de la pauvreté chez les enfants et, parce qu’ils connaissent la question et l’abordent avec passion, mobiliser d’autres personnes au service de cette cause. Par ailleurs, il peut leur arriver d’être si occupés à faire face aux enjeux quotidiens qu’ils perdent de vue la situation générale. La responsabilité inhérente au leadership exige un dosage subtil, puisqu’il faut donner suite immédiatement aux besoins particuliers de la communauté tout en ne perdant pas de vue les grands enjeux qui touchent tous les élèves du conseil. Trouver le temps et l’énergie de préconiser des changements en matière de politique publique représente donc un défi de taille.

Promotion d’intérêts ou lobbying?

« Promotion d’intérêts » et « lobbying » sont souvent considérés comme synonymes, mais ces deux notions se distinguent clairement lorsqu’on considère le but poursuivi, les méthodes employées et l’intention première. Les définitions du dictionnaire peuvent mettre en lumière ces distinctions.

La promotion d’intérêts vise à influencer l’opinion publique ou les attitudes relativement à des enjeux qui touchent la vie des gens. La personne qui fait la promotion d’une cause croit en celle-ci et la défend tout à fait librement. Dans l’exercice de leurs fonctions, les membres d’un conseil peuvent promouvoir divers intérêts très précis (plus d’autobus pour transporter les élèves ou d’ordinateurs dans les classes, ou moins d’élèves par enseignante ou enseignant), parce qu’ils croient que c’est ce qu’il faut faire pour les élèves. Par ailleurs, ils peuvent défendre une cause beaucoup plus vaste, comme la durabilité de l’environnement ou la nécessité de faire de la santé mentale des enfants un enjeu national.

Quant au lobbying, il s’agit des efforts consentis pour influencer des politiciens et de hauts fonctionnaires relativement à un texte de loi particulier afin d’y faire apporter des changements précis ou d’en modifier les conséquences.

Il importe de connaître ces distinctions même si, dans certains cas, une stratégie de promotion d’intérêts peut comporter des éléments de lobbying. Ainsi, pour promouvoir l’appui de la société à la sécurité et au bien-être dans les écoles, on pourrait faire du lobbying en vue d’obtenir des changements précis aux lois ou aux règlements en la matière.

promouvoir
2. Encourager, favoriser, soutenir (qqch.); provoquer la création, l’essor, le succès de. Promouvoir la recherche scientifique. Promouvoir une politique de concertation. (Petit Robert, édition 2010)

lobby
Groupe, organisation ou association qui cherche à influencer les politiciens ou l’opinion publique dans le but de défendre une cause ou des intérêts particuliers.

lobbying
Action menée par un groupe de pression auprès de décideurs ou de médias dans le but de défendre une cause ou des intérêts particuliers, ou d’influer sur l’opinion publique. (Grand Dictionnaire terminologique)

Pourquoi promouvoir des intérêts?

Les membres des conseils scolaires sont les représentants élus du système d’éducation. Ils sont engagés dans leurs communautés, connaissent les intérêts de leurs électeurs et ont établi des voies de communication qui leur permettent de recueillir des commentaires et de partager des renseignements sur les grands enjeux concernant le conseil scolaire en particulier et l’éducation en général. Cela leur procure une assise solide pour jouer leur rôle de promotion d’intérêts.

Tout est toujours en mouvement dans l’environnement au sein duquel doivent évoluer les conseils scolaires; il est donc très fréquent que des questions exigent la promotion d’intérêts. Un rôle important des conseillères et conseillers scolaires est de prendre la parole au nom de leurs électeurs pour que les décideurs aux niveaux provincial et local comprennent quelles conséquences leurs décisions relatives aux politiques peuvent avoir pour les particuliers.

Les responsables de l’élaboration des politiques publiques au niveau provincial doivent être informés des objectifs des électeurs du conseil scolaire et encouragés à connaître la position de la communauté et du conseil scolaire sur certaines questions. En défendant les intérêts des conseils scolaires au sein du système d’éducation financé par les fonds publics, les membres des conseils peuvent influencer les décisions du gouvernement. Ils peuvent proposer des solutions avantageuses non seulement pour leur communauté mais aussi pour toutes celles qui sont touchées par les politiques du gouvernement. En exprimant leur point de vue, ils peuvent attirer l’attention du public sur les enjeux et suggérer des solutions de rechange aux propositions qu’ils jugent nuisibles au système d’éducation financé par les fonds publics.

Le champ d’application des politiques publiques peut être très vaste et, à première vue, ne pas inclure le domaine de l’éducation. Il appartient aux conseillères et conseillers scolaires de faire preuve de vigilance pour découvrir tout ce qui peut avoir une incidence sur la vie des élèves, le travail des conseils scolaires et le bien-être de la communauté.

Un système d’éducation bien financé et de haute qualité est un investissement dans l’avenir de l’Ontario. En s’exprimant sur les questions liées à l’éducation, non seulement les conseillères et conseillers scolaires représentent le point de vue des contribuables, mais ils exhortent les responsables des politiques provinciales à reconnaître qu’il vaut la peine d’édifier un système d’éducation fort au moyen de politiques publiques progressistes. En tant que pierre angulaire d’une démocratie prospère, l’éducation devient dès lors un élément essentiel de tout programme politique ainsi qu’une question d’intérêt public.

L’intérêt public – Adopter une vue d’ensemble

La véritable politique – celle-là seule qui est digne de ce nom et à laquelle je suis prêt à me consacrer – consiste simplement à servir la communauté, c’est-à-dire les gens qui nous entourent et ceux qui viendront après nous. Son fondement est moral, car il s’agit de transformer une responsabilité en action dans l’intérêt général.

  • Vaclav Havel

En raison de leur rôle politique, les membres des conseils scolaires sont parfaitement placés pour assurer la promotion d’intérêts dans toute la province et au niveau du gouvernement provincial sur les questions de politique publique. Ces questions sont souvent directement liées à des aspects essentiels de la gouvernance des conseils scolaires, comme la création de conditions propres à favoriser le rendement et le bien-être des élèves. En fait, la promotion d’intérêts est un élément essentiel de la description de fonctions des conseils scolaires élus (voir le module no 3, sur les rôles et les responsabilités). Elle n’arrive pas comme par magie; il faut avoir de la détermination, adopter une politique du conseil et en faire une composante de son plan stratégique. Voici quelques exemples de questions d’intérêt public dont des conseils scolaires assurent la promotion et qui font partie intégrante du travail de leurs membres.

La santé mentale des enfants

En Ontario, environ un enfant ou un jeune sur cinq présente un trouble de santé mentale et, de ce nombre, seulement 20 % reçoivent un traitement ou font l’objet d’une intervention. (Source : http://www.children.gov.on.ca/htdocs/French/topics/specialneeds/mentalhealth/index.aspx) Pour le système d’éducation, cela veut dire qu’un enfant sur cinq fait face à un obstacle qui le rend moins apte à apprendre. Pour la société, cela veut dire que le soutien essentiel à l’amélioration de la santé et de la prospérité n’est pas offert dans toutes les communautés. Il serait possible de mettre des œillères et de dire que c’est au ministère de la Santé et des Soins de longue durée de régler ce problème. Or, d’après les promoteurs de la santé mentale des enfants, nous sommes tous responsables, et l’ensemble des ministères et des organismes publics qui s’occupent des enfants ainsi que tous les conseils scolaires doivent reconnaître leur interdépendance et unir leurs efforts pour assurer à chaque enfant les meilleures chances possibles dans la vie.

La pauvreté des enfants

La pauvreté est un autre problème trop fréquent qui réduit l’aptitude des enfants à apprendre et requiert aussi des efforts concertés et une promotion très active. Le 24 novembre 1989, la Chambre des communes a résolu de « s’employer à réaliser l’objectif d’éliminer la pauvreté des enfants d’ici l’an 2000 », et cette résolution a été adoptée à l’unanimité par tous les partis. Or, 25 ans plus tard, le rapport le plus récent de Campagne 2000 conclut que plus d’enfants canadiens vivent aujourd’hui dans la pauvreté qu’au moment où la Chambre des communes a adopté cette résolution. Chez les Premières Nations du Canada, 4 enfants sur 10 vivent dans la pauvreté. Le fossé entre les familles riches et les familles pauvres demeure profond, et les familles à revenu moyen ont du mal à ne pas perdre de terrain. (Campagne 2000 est un mouvement pancanadien d’éducation du public voué à sensibiliser la population canadienne et à promouvoir la mise en œuvre de la résolution de 1989 de la Chambre des communes.) Au niveau local, les conseils scolaires fournissent une aide pratique, notamment en offrant des déjeuners et des programmes après l’école. À un niveau plus élevé, ils participent aux efforts de promotion d’organismes comme Campagne 2000, ou ils contribuent directement à la Stratégie de réduction de la pauvreté de l’Ontario.

La pauvreté diminue l’estime de soi et la dignité humaine. L’incapacité d’offrir à ses enfants les mêmes chances qu’ont les autres est visible –parce qu’on doit porter des vêtements d’occasion – et provoque des sentiments de honte, de colère et de résignation. Les humains sont des êtres sociaux qui ont absolument besoin d’appartenir à leur communauté.

  • John Kenneth Galbraith
L’éducation des Premières nations, des Métis et des Inuits

Pour défendre les droits et les besoins des enfants des Premières nations, Métis et Inuits, les membres des conseils scolaires doivent faire ressortir les écarts entre ces enfants et les autres enfants canadiens au chapitre de la situation socioéconomique et des possibilités d’éducation. Ces écarts ont des raisons historiques, et la vérificatrice générale du Canada a conclu qu’il faudrait 28 ans pour les combler dans le domaine de l’éducation. Pour les conseils scolaires, la première chose à faire est évidemment de mettre en place dans leurs écoles des mesures et des programmes spécialement conçus pour appuyer les élèves des Premières nations, Métis et Inuits. Dans une perspective plus large, ils peuvent également sensibiliser la population et défendre les intérêts de ces élèves en exhortant le gouvernement fédéral à prévoir pour eux un financement et un soutien adéquats.

Si vous êtes neutre devant une injustice, vous êtes du côté de l’oppresseur. Si un éléphant pose sa patte sur la queue d’une souris et que vous déclarez être neutre, la souris n’appréciera pas du tout votre neutralité.

  • L’évêque Desmond Tutu
Les services pour les enfants et les jeunes immigrants

L’Ontario reçoit environ la moitié des familles d’immigrants qui arrivent au Canada chaque année. Les enfants de ces familles fréquentent les écoles financées par les fonds publics et ont des besoins qui dépassent largement le financement habituel de l’éducation et qui ont une incidence directe sur leur rendement scolaire. Dans ce domaine, les efforts de promotion des intérêts – et, parfois, de lobbying direct – des conseils scolaires visent à augmenter leur capacité d’offrir aux familles d’immigrants les services dont elles ont besoin pour s’établir et bien s’intégrer à la vie en Ontario.

Le développement durable et la protection de l’environnement

À une époque où la conscience de notre interdépendance et de notre interconnectivité est de plus en plus forte, les membres des conseils scolaires ne défendent pas seulement les intérêts de leur communauté, mais aussi ceux de toute la société. Un bon exemple en est que des pratiques favorisant le développement durable et la protection de l’environnement sont maintenant bien ancrées dans les écoles de l’Ontario. Les élèves sont des leaders en matière de recyclage, les conseils scolaires continuent de rechercher des appuis afin de rendre les écoles plus vertes, et l’éducation environnementale est omniprésente dans le curriculum. Dans ce domaine, la défense des intérêts touche non seulement les communautés locales, mais aussi le monde entier.

Je me demande pourquoi personne d’entre nous ne se rend compte que nous créons notre futur chaque jour et que ce que nous faisons localement peut nuire à la collectivité mondiale maintenant et pour les générations à venir.

  • Roberta Bondar

Ces exemples de promotion de politiques publiques sont ou peuvent être inclus dans les plans de promotion des intérêts qu’établissent les conseils appartenant aux quatre systèmes scolaires financés par les fonds publics en Ontario. De plus, chaque système peut y ajouter des enjeux qui répondent à ses propres besoins.

Dans leurs rapports avec la communauté, les systèmes scolaires publics font valoir leur engagement envers l’inclusion, l’universalité et la défense de la dignité et de l’égalité de chacun, sans égard à sa culture, à sa race, à sa situation financière, à ses croyances religieuses ou à son orientation sexuelle. Les écoles publiques sont présentées comme étant des lieux où tous les élèves et leurs familles sont accueillis de la même façon, où ils peuvent interagir les uns avec les autres et apprendre à se connaître dans un climat de respect, de tolérance et de compréhension, et où l’apprentissage est caractérisé par l’esprit d’exploration.

Dans leurs activités de promotion des droits, les conseils scolaires catholiques, leurs membres et les associations provinciales qui les représentent doivent toujours se rappeler que l’objectif de promouvoir l’éducation catholique et d’en protéger l’avenir exige la conclusion de partenariats avec les diocèses et les organisations catholiques, y compris l’Institute for Catholic Education. Le défi à relever consiste à mieux faire comprendre au grand public la valeur d’un système scolaire catholique distinct. Dans son ouvrage Catholic Education: Ensuring a Future, James Mulligan indique que les parents et les contribuables doivent devenir plus conscients de la façon dont l’éducation catholique contribue au bien commun ainsi que du rôle de responsables de l’éducation catholique qui incombe aux membres des conseils scolaires catholiques :

Les responsables de l’éducation catholique sont des gardiens créatifs au service de la communauté catholique. […] Le long cheminement que constitue l’éducation catholique exige de ses responsables une combinaison de stratégie et d’endurance.

Deux des quatre systèmes d’éducation financés par les fonds publics en Ontario desservent la clientèle de langue française. Le droit à l’éducation en langue française est garanti par la Charte canadienne des droits et libertés. La francophonie ontarienne travaille en partenariat avec ses écoles afin de maintenir une communauté francophone dynamique en milieu minoritaire. Elle compte sur ses écoles pour protéger, transmettre et valoriser la langue et la culture françaises. En retour, les écoles comptent sur les agences et les organismes de langue française pour être leurs partenaires dans l’édification de communautés francophones dynamiques. Dans leurs activités de promotion d’intérêts, les conseils scolaires de langue française peuvent donc favoriser un environnement où il importe d’assurer le développement durable de la langue et de la culture françaises, car cela contribue à maintenir des niveaux élevés de rendement et de bien-être des élèves.

Assurer le changement grâce au développement des capacités

La promotion des intérêts doit être un processus continu qui se développe sur une longue période. Elle peut être subtile et exige souvent qu’on fasse passer l’intérêt général avant des intérêts particuliers. Un élément essentiel des bonnes pratiques en la matière consiste à entretenir de bonnes relations dans les communautés et avec les politiciens aux niveaux local et provincial.

Les communautés

Le dialogue avec les communautés est un point de départ essentiel afin de découvrir les enjeux qui préoccupent les gens, et il y a diverses façons de l’engager. Les gens peuvent être invités

– par le conseil ou par des conseillères ou conseillers – à donner leur avis en répondant à des sondages ou en assistant à des rencontres communautaires, des séances de discussion ou des soirées portes ouvertes. Des membres du conseil peuvent aussi être appelés à assister à des rencontres organisées par la communauté sur des sujets précis. Le résultat escompté est d’obtenir un large soutien pour les politiques publiques et de donner plus de poids aux initiatives de promotion d’intérêts.

Les municipalités

Les membres des conseils scolaires et municipaux ont les mêmes électeurs ainsi qu’un intérêt commun dans les ressources de la communauté. Les écoles constituent une ressource essentielle pour chaque communauté, et les conseillères et conseillers scolaires devraient entretenir des relations avec les conseillères et conseillers municipaux, pour qu’ils puissent communiquer plus facilement et travailler ensemble, dans l’intérêt de la communauté, à des projets tels que la mise en commun de bibliothèques et d’installations récréatives, l’utilisation de locaux scolaires par des organismes communautaires ou l’adoption d’un plan favorisant une bonne utilisation des espaces verts.

Les politiciens au niveau provincial

Les députés provinciaux sont des partenaires clés dans toute stratégie de promotion d’intérêts. En effet, ils ont l’accès le plus direct aux responsables de l’élaboration des politiques du gouvernement provincial. Le ministère de l’Éducation ou le cabinet de la ministre peuvent sembler des cibles toutes désignées pour les initiatives de promotion des intérêts et, au besoin, de lobbying visant à obtenir des décisions concernant les politiques ou le financement. Toutefois, les députés locaux prêteront souvent une oreille très attentive aux conseillères et conseillers scolaires, car ils sont au service des mêmes électeurs.

En organisant des discussions publiques sur des questions telles que la participation des parents, la sécurité communautaire ou l’environnement durable, les conseils élus offrent aux politiciens l’occasion idéale de discuter des politiques publiques dans un cadre axé sur les priorités et les besoins de leurs électeurs.

Les médias

De bonnes relations avec les médias sont un autre élément important d’activités réussies de promotion des intérêts. Comme la plupart des gens puisent dans les médias pratiquement toutes leurs connaissances sur les écoles et les grandes questions de politique publique, les conseils scolaires doivent faire en sorte que les médias locaux disposent de l’information dont ils ont besoin pour donner une image objective de l’éducation publique et des enjeux de société que les conseils scolaires doivent prendre en charge.

Quelques mises en garde

Défendre avec passion des enjeux d’une grande importance n’a rien à voir avec soulever la colère ou les craintes du public afin d’exercer des pressions relativement à ces enjeux. Cette dernière tactique peut avoir des résultats indésirables, comme de miner la confiance de la population dans l’éducation financée par les fonds publics. Des familles pourraient commencer à douter de la qualité ou de la stabilité du système scolaire. Si l’on ne cesse de présenter au public des scénarios de fin du monde, la volonté de celui-ci de financer l’éducation et d’investir dans ce domaine risque de s’affaiblir. Un gouvernement qui fait l’objet de pressions concurrentes quant à l’usage de l’argent des contribuables pourrait remettre en question la priorité qu’il accorde au secteur de l’éducation. Il serait sage de ne pas perdre de vue les objectifs à long terme plutôt que de se préoccuper avant tout de questions difficiles peut-être, mais par ailleurs temporaires et gérables.

Conclusion

Les membres des conseils scolaires peuvent s’attendre à être tour à tour dynamisés, frustrés, accablés et inspirés par l’étendue et la complexité des exigences associées à leurs fonctions de leaders de la communauté. Ils sont souvent le premier point de contact pour les parents qui veulent obtenir la solution à un problème ou l’appui à une initiative communautaire. En même temps, leur agenda est rempli d’activités et de réunions du conseil, et ils doivent absolument maîtriser les nouveaux dossiers dès qu’ils apparaissent. Cela peut leur donner l’impression qu’ils n’ont plus de temps à consacrer à des idéaux plus élevés, notamment à préconiser un monde meilleur pour les jeunes de l’Ontario. Pourtant, les conseillères et conseillers scolaires sont appelés à défendre des principes importants pour la société. Des principes tels que la diversité, l’inclusion et le respect de toutes les personnes font partie intégrante de nos écoles non seulement parce qu’ils sont des valeurs en eux-mêmes, mais aussi parce qu’ils constituent la pierre angulaire d’une société harmonieuse et cohésive. De plus, les membres des conseils scolaires publics et catholiques ont la responsabilité de protéger les croyances et les valeurs distinctives de leurs systèmes scolaires respectifs. Comment réussir à faire tout cela? Pour l’essentiel, il s’agit de définir une vision, d’établir des priorités et de ne pas s’embarrasser dans les détails en perdant de vue les grands objectifs.

La promotion des intérêts est une source de changement. En y œuvrant, les conseillères et conseillers scolaires peuvent tirer parti de leur vaste expérience pour amener le public à appuyer les conditions voulues pour offrir aux jeunes de l’Ontario les plus grandes chances possibles dans la vie. Ainsi, ils aideront aussi à mettre en place des politiques publiques qui renforcent notre tissu social.

Références

La CSEO tient à exprimer sa reconnaissance aux nombreux conseils scolaires de l’Ontario dont elle a utilisé les pratiques efficaces pour élaborer ce module.

Le travail des associations de conseils scolaires de l’Ontario a aussi inspiré le contenu de ce module:

Association des conseils scolaires des écoles publiques de l’Ontario (ACÉPO) www.acepo.org

Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques (AFOCSC) www.afocsc.org

Ontario Catholic School Trustees’ Association (OCSTA) www.ocsta.on.ca

Ontario Public School Boards’ Association (OPSBA) www.opsba.org

Voir aussi :

Droits à l’instruction dans la langue de la minorité reconnus à l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés : www.canlii.org/fr/ca/commentaires_charte/index.html

Droits à un système scolaire confessionnel pour les catholiques, reconnus à l’article 93 de la Loi constitutionnelle de 1867 : lois-laws.justice.gc.ca/fra/const/PRINT_F.pdf

L’aménagement linguistique – Une politique au service des écoles et de la communauté de langue française de l’Ontario : www.edu.gov.on.ca/fre/amenagement