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Module 2: Une gouvernance authentique : le conseil élu a un rôle déterminant dans la réussite des élèves!

Dans ce module, les membres des conseils scolaires vont examiner :
  • La relation entre le leadership éthique au sein du conseil et le rendement et le bien-être des élèves
  • Le rôle essentiel des conseils scolaires pour communiquer directement avec la communauté afin que tous les efforts soient concertés et axés sur les élèves

INTRODUCTION

Les conseils scolaires élus contribuent de manière directe et profonde à l’amélioration de l’apprentissage de tous les élèves en faisant preuve de leadership pour faire comprendre au public la valeur et l’importance de maintenir des niveaux élevés de rendement des élèves et pour susciter l’engagement de leurs communautés à cette fin.

La recherche est concluante : les conseils scolaires élus obtiennent des résultats tangibles! Lorsqu’ils atteignent un degré supérieur de gouvernance efficace, qu’ils sont vraiment axés sur les élèves et qu’ils accordent la priorité absolue à l’enseignement et à l’apprentissage, il se produit des changements – et pas uniquement parce qu’ils obtiennent plus de financement. L’équipe de recherche de Waters et Marzano a analysé 27 études différentes traitant de la relation entre le leadership des conseils scolaires et le rendement des élèves. Essentiellement, cette recherche a montré que les conseils scolaires qui progressent constamment à cet égard font preuve d’une étroite cohésion, depuis le conseil élu jusqu’aux écoles en passant par la direction de l’éducation. Autrement dit, tout le monde fait progresser l’apprentissage des élèves. La gouvernance d’un conseil scolaire s’exerce dans un contexte très large en édifiant une structure en vue de la réussite, en suscitant l’appui de la communauté et en défendant les droits de tous les élèves du district. Seul un conseil élu à l’échelon local peut réunir toutes ces conditions.

Plusieurs autres études abondent en ce sens. Ainsi que l’indique un rapport de recherche publié par l’association des conseils scolaires de l’Iowa : « La solution des problèmes de l’éducation publique repose sur le leadership des écoles publiques. Les questions relatives aux conditions qui permettent un changement productif dans les écoles sont liées aux politiques. Les conseils scolaires ont un rôle crucial à jouer dans l’évolution des écoles et doivent être des leaders actifs au nom des élèves qui fréquentent leurs écoles. » Dans un autre document de travail, on caractérise les membres des conseils scolaires performants comme des gens qui connaissent en profondeur les programmes et les pratiques de leur conseil, qui ont une idée claire de ce qu’ils veulent accomplir – fondée sur des valeurs et des convictions bien enracinées – et qui se livrent à des activités qui leur permettent d’expliquer ces valeurs et ces convictions et d’en discuter.

Dans ses travaux de recherche sur les caractéristiques des conseils scolaires performants, Kenneth Leithwood, de l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario, fait ressortir que le rendement et le bien-être des élèves doivent avoir une importance primordiale pour l’ensemble du conseil, que la planification, l’apprentissage organisationnel et la responsabilisation doivent reposer sur des données probantes et que le fait de créer et de maintenir une culture de l’amélioration a des effets positifs.

Neuf caractéristiques des conseils scolaires performants et de leurs leaders

(selon Kenneth Leithwood)

  1. Une mission, une vision partagée et des objectifs fondés sur des attentes élevées quant au profil d’une personne éduquée
  2. Un système d’orientation pédagogique cohérent
  3. Une utilisation consciente et systématique de données provenant de sources multiples pour orienter les décisions
  4. Des processus organisationnels axés sur l’amélioration de l’apprentissage
  5. Des occasions de perfectionnement professionnel en cours d’emploi pour tous les membres
  6. Des budgets, des structures, des politiques et procédures en matière de personnel et une utilisation du temps qui sont harmonisés avec la mission, la vision et les objectifs du conseil scolaire
  7. Une approche globale en matière de développement du leadership
  8. Un modèle de gouvernance des conseillères et des conseillers scolaires qui est axé sur les politiques
  9. Une relation de travail productive avec le personnel et les autres intervenantes et intervenants
Qu’entend-on au juste par « rendement et bien-être des élèves »?

On dit souvent que le but de l’éducation est de créer des citoyens qui sont « utiles en public et heureux en privé ». À l’heure actuelle, les leaders et les chercheurs en éducation insistent sur le but crucial qui consiste à obtenir des niveaux élevés de rendement et de bien-être des élèves. Dans le document Atteindre l’excellence : Une vision renouvelée de l’éducation en Ontario (2014), le ministère de l’Éducation souligne que les enfants et les élèves qui ont des relations solides ainsi qu’une image positive d’eux-mêmes et qui comprennent et gèrent leur santé et leurs émotions sont en meilleure situation de réaliser leur plein potentiel dans l’avenir. Leur bien-être favorise leur apprentissage et les rend plus résilients et plus aptes à surmonter les difficultés.

Le système d’éducation de l’Ontario doit aider les élèves à acquérir les connaissances et les compétences qui contribuent au bien-être et à la formation de citoyens en santé, actifs et engagés. Il est de plus en plus apparent que le bien-être des élèves est un important facteur de leur réussite globale. L’insécurité à l’école ou l’intimidation en ligne sont des obstacles à la réussite scolaire. De même, on ne peut pas s’attendre à ce que les élèves réalisent leur plein potentiel s’ils ont des problèmes de santé mentale et qu’on ne leur fournit pas le soutien dont ils ont besoin; ils ne pourront pas non plus donner leur pleine mesure si on ne leur fournit pas les outils et la motivation nécessaires pour mener une vie saine et active, tant à l’école qu’à l’extérieur.

C’est pour cette raison que nous devons placer le bien-être des enfants et des élèves au coeur des priorités du système d’éducation. Nos partenaires devront donc se concerter pour améliorer la capacité dans tout le système et soutenir nos apprenants. En incluant le bien-être des enfants et des élèves dans nos quatre priorités fondamentales, nous en reconnaissons l’importance pour nos apprenants et leur avenir.

Le bien-être des élèves est un objectif auquel nous devons nous appliquer et nous engager au-delà des heures de classe. Nous pouvons réaliser cet objectif au moyen de programmes avant et après l’école ou en transformant nos écoles en carrefours communautaires en dehors des heures de classe – mais dans tous les cas, la promotion du bien-être des élèves nécessite les efforts ciblés de l’ensemble de la communauté.

L’Ontario a déjà pris des mesures importantes pour adopter une approche holistique de soutien aux enfants, notamment la mise en oeuvre des recommandations de l’Équipe d’action pour la sécurité dans les écoles, l’adoption de la Loi pour des écoles tolérantes et le lancement de la Stratégie globale de santé mentale et de lutte contre les dépendances, qui sera axée en priorité sur les enfants et les jeunes pendant les trois premières années. Il nous faut toutefois prendre des mesures supplémentaires afin de soutenir l’enfant tout entier ainsi que le bien-être des enfants et des jeunes, depuis les plus jeunes apprenants jusqu’aux élèves finissants du secondaire.

Par ailleurs, le sens de l’expression « rendement des élèves » représente un autre sujet de réflexion très fécond. Il est juste de dire que, pour ceux et celles qui travaillent et vivent dans des écoles, le rendement ne se limite pas aux résultats scolaires ou aux niveaux atteints dans les évaluations provinciales. Il s’agit d’une réalité bien plus large et complète, qui va au-delà de la littératie et de la numératie, de la résolution de problèmes, de la pensée critique et du développement de l’intelligence émotionnelle et sociale. Le rendement authentique est un état complet de bien-être résultant d’une combinaison de facteurs scolaires, sociaux, émotionnels, culturels et spirituels. Cette réalité s’exprime d’une manière toute particulière en Ontario, où quatre systèmes scolaires financés par les fonds publics sont au service des élèves de la maternelle à la 12e année. Le droit de faire instruire leurs enfants en français est garanti aux parents ayant des droits en vertu de l’article 23 de la Charte canadienne des droits et libertés, et l’article 93 de la Loi constitutionnelle de 1867 protège le droit des parents catholiques d’obtenir une éducation catholique pour leurs enfants.

En Ontario, le français est officiellement une langue d’enseignement. La politique d’aménagement linguistique de la province vise expressément à répondre aux besoins particuliers de la francophonie ontarienne en milieu minoritaire et de ses établissements d’enseignement. Les écoles de langue française existent non seulement pour former leurs élèves mais aussi pour protéger, améliorer et transmettre la langue et la culture des communautés qu’elles desservent. L’éducation de langue française suscite et favorise l’émergence de jeunes diplômés qui sont conscients et fiers de leur identité de francophones et de citoyens canadiens, qui possèdent les deux langues officielles et qui se sont dotés des compétences nécessaires pour atteindre leurs buts. Ils continuent d’apprendre toute leur vie et ils prennent une part active à la vie sociale, politique, environnementale, spirituelle, culturelle et économique de la francophonie et de la société dans son ensemble.

Les attentes particulières à l’endroit des diplômés des écoles catholiques sont déterminées par la vision et la destinée de la personne humaine dans la tradition catholique, selon laquelle chaque personne est faite à l’image et à la ressemblance de Dieu et destinée à la vie éternelle dans le Christ. Pour les élèves des écoles catholiques de l’Ontario, la réussite est mesurée à la fois par la maîtrise du curriculum du ministère de l’Éducation et par les attentes énoncées dans le Cadre de référence de l’élève des écoles catholiques de l’Ontario, publié en 2014. Les écoles catholiques offrent aux jeunes une éducation définie non seulement par des connaissances et des compétences, mais aussi par des valeurs, des attitudes et des actions inspirées par la foi catholique. Pour l’éducation catholique, la vie humaine intègre le corps, l’esprit et l’âme.

Le système scolaire public est fondé sur le principe de l’accès universel à l’éducation pour l’ensemble des élèves, peu importe leur origine ethnique, leur race, leur culture, leur situation socioéconomique, leur préférence religieuse ou leurs anomalies individuelles. Sa mission particulière est de célébrer et de refléter la diversité propre à notre société et d’accueillir tous les élèves. Les écoles publiques reconnaissent et célèbrent la diversité des croyances, des valeurs, des religions et des langues de leurs élèves tout en dotant ceux-ci de la compréhension et des compétences de base dont ils ont besoin pour participer activement et avec compassion à la vie de leur famille, de leur communauté, de la province, du pays et du monde entier.

LE RÔLE DES CONSEILS SCOLAIRES POUR ASSURER LE RENDEMENT ET LE BIEN-ÊTRE DES ÉLÈVES

Cinq responsabilités de gouvernance sont essentielles au rendement et au bien-être des élèves :

Définir une vision – Dans ce rôle, un conseil scolaire se fonde sur la contribution de l’ensemble du personnel et de la communauté pour définir sa vision concernant l’apprentissage et le bien-être des élèves et pour énoncer les convictions sur lesquelles reposent ses objectifs et son orientation. Cette vision inspire toutes les décisions du conseil, notamment celles touchant l’enseignement et l’apprentissage.

Fixer des objectifs – En tant qu’élus, les membres du conseil sont idéalement placés afin de collaborer avec la communauté pour faire du rendement et du bien-être des élèves des convictions de base et pour définir ce qu’ils signifient pour la communauté. Cela fait, le conseil établit des objectifs stratégiques qui servent de fondement et, en fait, de moteur pour tous les aspects de ses programmes et de ses activités. Sinon, le fonctionnement du conseil est chaotique.

Élaborer des politiques – Le conseil est chargé d’établir des structures appuyant le rendement et le bien-être des élèves, ce qu’il fait grâce à ses politiques. Les orientations qui y sont définies ont un effet sur les élèves, les écoles et l’ensemble du personnel. En fait, elles créent la culture d’apprentissage. Un conseil est un peu un architecte, car un bon plan est essentiel.

Répartir les ressources et assurer la responsabilisation – Le conseil scolaire répartit les ressources en éducation à l’échelon local. Il lui incombe de formuler clairement ses priorités et d’insister pour que la répartition des ressources corresponde à ses objectifs et à son plan stratégique. Un conseil efficace répartit le financement d’une manière qui permet à la direction de l’éducation de veiller à ce que les écoles au rendement le moins élevé obtiennent le soutien dont elles ont besoin et que leur personnel reçoive la formation voulue pour offrir un enseignement de haute qualité. Il pose les questions difficiles qui s’imposent pendant les délibérations budgétaires. Chaque conseil doit aussi surveiller son budget pour s’assurer que les services appropriés sont offerts aux élèves à un coût raisonnable et avec des résultats mesurables. Il s’acquitte ainsi de sa responsabilité fiduciaire de base. Un conseil performant montre qu’il est responsable en prenant acte des cas de rendement insatisfaisant, en examinant des données probantes sur les facteurs qui y ont contribué et en prenant des mesures positives et utiles pour y remédier.

Se concentrer sur ses forces — Facteurs clés de réussite

Un conseil scolaire est élu pour diriger. En élisant les conseillères et conseillers, le public se dit confiant que ceux-ci, ainsi que le conseil dans son ensemble, s’acquitteront de leur tâche de manière éthique au profit de tous les élèves du district. Nous sommes là au coeur de la gouvernance efficace. Pour traduire en actions les résultats de recherches et pour se montrer un leader résolu en matière de rendement et de bien-être des élèves, un conseil doit entretenir un dialogue continu et s’engager à offrir la formation et la croissance professionnelle qui sont nécessaires. Un conseil scolaire performant axe toutes ses réunions sur l’amélioration de l’apprentissage des élèves.

En représentant les opinions de ses électeurs, chaque conseillère ou conseiller apporte une perspective enrichissante sur les besoins liés au rendement et au bien-être des élèves. Chacune ou chacun offre des informations, des faits, des données ou des questions sur les enjeux, tels qu’il les comprend, afin d’en arriver à un point de vue commun à la table du conseil. Le pouvoir de chaque personne d’ajouter valeur et profondeur à une conversation ressort particulièrement lorsque les membres d’un conseil cherchent à en arriver à un point de vue commun sur le contenu et les répercussions des rapports qui leur sont présentés. Ils montrent alors leur désir d’apprendre et de bien saisir ce qui importe vraiment pour le conseil dans son ensemble. Cela permet au conseil et à tous ses membres de s’unir pour défendre les droits des élèves et de traduire en actions leur leadership moral et résolu.

Questions importantes que doit se poser un conseil pour rester concentré sur ses forces
  1. Comment notre conseil peut-il arriver collectivement à un consensus sur des principes directeurs qui expriment les convictions et les aspirations de chacun de ses membres?
  2. Quelles questions notre conseil devrait-il poser pour se faire une idée juste du rendement et du bien-être des élèves à l’échelle du district?
  3. Comment déterminons-nous nos progrès?
  4. Comment notre conseil peut-il entretenir des liens efficaces et authentiques avec la communauté?
  5. Le conseil a-t-il une série précise et limitée de priorités en vue d’améliorer le rendement et le bien-être des élèves qui est clairement formulée à l’intention de tous les intervenants?
  6. Le conseil veille-t-il à ce que la répartition des ressources soit équitable en fournissant un soutien additionnel aux endroits où les besoins sont les plus élevés?
  7. Le conseil voit-il le budget comme un outil permettant de réaliser ses priorités stratégiques plutôt que comme un plan de dépenses?
  8. Dans sa gestion, la direction de l’éducation fait-elle en sorte que les initiatives concernant le curriculum et les programmes correspondent directement aux priorités en matière de rendement des élèves?

(D’après Key Work of School Boards, NSBA, 2009)

Passer de la parole aux actes pour assurer le rendement et le bien-être des élèves

Le travail d’équipe n’est pas une vertu; c’est un choix, une décision stratégique.

  • Patrick Lencioni

Les vastes recherches dont il a été question précédemment définissent clairement les responsabilités de gouvernance des conseils élus qui ont réussi à relever le défi d’améliorer le rendement et le bien-être de tous les élèves. Les conseils peuvent prendre des mesures bien définies qui ont une incidence directe. Toutes ces mesures sont liées aux pratiques de gouvernance du conseil et peuvent être envisagées dans ce contexte.

Les facteurs essentiels à la réussite sont les suivants :

  • Faire du conseil élu une équipe cohésive
  • Établir de bonnes relations de travail entre le conseil et la direction de l’éducation
  • Soutenir la direction de l’éducation afin de créer une organisation efficace
  • Définir des priorités claires pour l’établissement du budget et l’attribution des ressources
  • Utiliser des données pour définir une vision et pour fonder les décisions concernant le rendement et le bien-être des élèves

Faire du conseil élu une équipe cohésive
Pour gouverner efficacement, le conseil élu doit travailler collectivement en vue d’élaborer sa vision, son orientation stratégique et ses objectifs pour tous les élèves et toutes les familles de son district. Chaque membre du conseil y apporte ses valeurs et ses convictions personnelles ainsi que les enjeux les plus pressants dans sa circonscription. Collectivement, le conseil a pour tâche de tenir compte de ces points de vue divers afin de s’entendre sur les orientations stratégiques qui guideront la prise de décisions pendant son mandat. Bien que des points de vue divergents et arrêtés soient toujours exprimés à la tribune démocratique qu’offrent les réunions du conseil, c’est grâce à son orientation stratégique que le conseil peut en arriver à des décisions, et celles-ci doivent être conformes aux objectifs qu’il s’est fixés. Ainsi, le conseil élu peut maintenir le cap sur les enjeux d’une importance fondamentale, et le public peut continuer d’avoir confiance dans son travail. Autrement dit, chaque conseillère ou conseiller doit appuyer les mesures qui sont les meilleures pour l’ensemble du conseil, même si elles n’obtiennent pas toujours le soutien de leurs propres électeurs. En adoptant une perspective stratégique, les membres du conseil peuvent prendre le recul nécessaire pour agir dans l’intérêt de l’ensemble du système scolaire.

Établir de bonnes relations de travail entre le conseil et la direction de l’éducation
Ensemble, le conseil élu et la direction de l’éducation assument le leadership du conseil scolaire et forment une équipe qui est la cheville ouvrière d’une gouvernance efficace. Pour apporter, à l’échelle du conseil, des améliorations répondant aux attentes de la communauté, ils doivent prendre le temps d’apprendre ensemble et s’entendre sur des approches de leadership qui auront un effet sur la réalisation des objectifs du conseil. À partir de ce processus d’apprentissage, des attentes claires peuvent être définies tant par le conseil que par la direction de l’éducation. Des descriptions bien définies et clairement formulées des rôles respectifs du conseil et de la direction de l’éducation sont essentielles à une relation productive. Des communications et un dialogue réguliers consolident les fondements convenus et font que la relation entre le conseil et la direction de l’éducation accroît l’efficacité du système scolaire dans son ensemble. La confiance et la collaboration sont essentielles, mais le conseil élu a aussi une responsabilité en matière d’évaluation, qui consiste à fournir une rétroaction à la direction de l’éducation au sujet de son rendement.

Soutenir la direction de l’éducation afin de créer une organisation efficace
Lorsque le conseil élu établit une orientation et des objectifs stratégiques qui sont directement axés sur la réussite des élèves, l’école devient le centre des activités importantes. Dans sa fonction de gouvernance, le conseil s’assure que la direction de l’éducation met en place une structure organisationnelle qui renforce les partenariats entre l’administration centrale et les écoles afin d’appuyer les efforts de celles-ci pour améliorer le rendement des élèves. À cet égard, des attentes claires et cohérentes réduisent les paliers administratifs et augmentent la participation de tout le personnel en vue d’atteindre les objectifs du conseil. De nos jours, toutes les organisations fonctionnent dans un environnement où l’incertitude et la complexité ne cessent d’augmenter; il est donc essentiel que la direction de l’éducation gère le conseil scolaire de telle sorte qu’il soit possible de prendre des décisions avec efficience et efficacité. Si l’on adopte cette approche, tout le personnel du conseil utilise le même langage, et il est possible de clarifier les attentes et les communications entre le personnel et le conseil.

Définir des priorités claires pour l’établissement du budget et l’attribution des ressources
Une gestion efficace du budget du conseil scolaire résulte d’une formulation claire des priorités du conseil élu. Lorsque celui-ci établit son orientation stratégique et les objectifs qu’il compte atteindre année après année, il s’engage également à prendre des décisions relatives aux dépenses qui permettront la réalisation de ces objectifs. Les priorités du conseil élu deviennent alors un outil permettant de surveiller comment le budget est dépensé. Ce processus est un élément essentiel d’une gouvernance efficace.

Utiliser des données pour définir une vision et pour fonder les décisions concernant le rendement et le bien-être des élèves
Pour tout conseil élu, une pratique de gouvernance essentielle consiste à établir une vision et des orientations stratégiques qui appuient sa conviction que « tous les élèves peuvent apprendre ». Il doit procéder en menant des consultations auprès des communautés du conseil scolaire et en tenant compte de leur contribution. Il est alors crucial qu’il dispose d’une vaste gamme de données agrégées de manière adéquate : données démographiques, taux de rendement scolaire, taux de persévérance scolaire et d’obtention d’un diplôme, nombre d’élèves ayant des besoins spéciaux, et services en place pour les appuyer. Les conseils élus qui ont la réputation d’avoir de saines pratiques de gouvernance n’établissent pas leur orientation stratégique et ne s’engagent pas dans un processus décisionnel, quel qu’il soit, sans disposer de données complètes, fiables et pertinentes. En elles-mêmes, les données ne sont pas utiles : il faut les analyser et les interpréter. Différents scénarios peuvent alors être établis, examinés et débattus, et il est ensuite possible d’élaborer des plans d’action efficaces.

En collaborant avec la direction de l’éducation, le conseil élu reçoit des avis sur l’interprétation qui peut être faite des données, ce qui l’aide à établir des objectifs prévoyant des résultats équitables pour tous les élèves. Son véritable travail consiste alors à donner suite à son engagement d’améliorer le rendement, la réussite scolaire et le bien-être de tous les élèves du conseil. En travaillant avec les élèves, le personnel, les parents et les groupes communautaires, le conseil élu peut tenir compte des difficultés que connaissent des groupes particuliers d’élèves et recevoir des avis sur les moyens de surmonter ces difficultés. Le fait d’aborder ces questions au moment d’établir l’orientation stratégique du conseil est une étape marquante pour rehausser les attentes et accroître la confiance. Le conseil élu peut s’attendre à ce que la direction de l’éducation établisse des normes élevées, préconise l’excellence et veille à ce que tous les groupes d’élèves soient motivés à progresser.

Pour s’acquitter de sa responsabilité fiduciaire, le conseil élu doit aussi exiger de la direction de l’éducation qu’elle crée et maintienne les sources de données nécessaires et qu’elle lui présente régulièrement des rapports fondés sur ces données.

CONCLUSION

Les conseils scolaires, composés de membres des communautés locales élus par la population, sont le groupe tout désigné pour mobiliser la population sur diverses tribunes afin de définir une vision, de fixer des objectifs pour le rendement et le bien-être des élèves, de répartir les ressources, d’assurer la responsabilisation du système scolaire et de susciter la confiance du public dans un système résolu à offrir une éducation de qualité à tous les élèves.

De nos jours, les conseils scolaires collaborent avec des communautés diversifiées qui s’attendent à ce que les élèves répondent à des normes toujours plus élevées. Au niveau provincial, ils doivent composer avec un programme et des priorités en constante mutation. Dans l’avenir, les membres des conseils scolaires devront être talentueux et soucieux de l’éthique, systématiques dans leur travail et appuyés non seulement par une solide équipe administrative, mais aussi par des responsables de l’éducation au niveau provincial qui comprennent les difficultés de la gouvernance au niveau local et qui sont prêts à contribuer à la réalisation d’une vision à long terme qui accorde la priorité absolue aux élèves.

L’éducation est une promesse de liberté. La liberté de choisir, la liberté de comprendre, d’élucider, de créer, de s’émerveiller, d’améliorer.

  • LA TRÈS HONORABLE MICHAËLLE JEAN, AUPARAVANT GOUVERNEURE GÉNÉRALE DU CANADA

RÉFÉRENCES

La CSEO tient à exprimer sa reconnaissance aux nombreux conseils scolaires de l’Ontario dont elle a utilisé les pratiques efficaces pour élaborer ce module.

Les ouvrages de référence suivants ont aussi inspiré le contenu de ce module :

Black, Susan. « The Keys to Board Excellence », American School Board Journal.

Brown, Jim. The Imperfect Board Member.

LaRocque, L. et P. Coleman. « The Politics of Excellence: Trustee Leadership and School District Ethics », The Alberta Journal of Educational Research.

Leithwood, Kenneth. Characteristics of High Performing School Districts, A Review of Empirical Evidence. Institut d’études pédagogiques de l’Ontario, Université de Toronto, septembre 2008 (étude préparée pour le College of Alberta School Superintendents).

Lencioni, Patrick. The Five Dysfunctions of a Team.

« Lighthouse Phase II – Brief Summary ». Iowa School Boards Foundation Information Briefing, vol. 2, no 2, mars 2008. (Cet article est extrait de : Delagardelle, M., « The Lighthouse Inquiry: Examining the Role of School Board Leadership in the Improvement of Student Achievement », dans T. Alsbury (dir.), The Future of School Board Governance: Relevancy and Revelation, Rowman & Littlefield, Blue Ridge, PA, 2008.)

Washington State School Directors’ Association. The Role of School Boards in Improving Student Achievement.