Menu de section

Module 16: Les conseillères et conseillers scolaires des Premières Nations : des leaders dans deux mondes

Dans ce module, les membres des conseils scolaires vont examiner :
  • Le double rôle des conseillères et conseillers des Premières Nations
  • Les responsabilités particulières des conseillères et conseillers des Premières Nations
  • Des données sur les élèves des Premières Nations, métis et inuits en Ontario
  • Le rôle de l’ensemble des conseillères et conseillers pour défendre les intérêts des élèves des Premières Nations, métis et inuits et de tous les élèves

Le double rôle des conseillères et conseillers des Premières Nations

Cette section décrit le rôle et les responsabilités particuliers des conseillères et conseillers des Premières Nations ainsi que le rôle et les responsabilités généraux qui leur incombent en tant que membres d’un conseil scolaire de district.

Le rôle particulier des conseillères et conseillers des Premières Nations

Les conseillères et conseillers des Premières Nations ont la responsabilité particulière de défendre les intérêts des élèves des Premières Nations qui fréquentent les écoles d’un conseil scolaire de district en vertu d’une entente de services d’éducation ou de frais de scolarité. Comme le prévoit le règlement de l’Ontario 462/97, Représentation des Premières Nations au sein des conseils scolaires, la représentation des Premières Nations est déterminée d’abord par l’existence d’une ou plusieurs ententes de services d’éducation, puis par le nombre d’élèves des Premières Nations fréquentant les écoles du conseil.

L’article 188 de la Loi sur l’éducation de l’Ontario autorise les conseils scolaires à conclure des ententes avec un conseil de bande, une commission indienne de l’éducation ou Affaires autochtones et Développement du Nord Canada (AADNC). À un premier niveau, une entente de services d’éducation ou de frais de scolarité est un contrat d’achat de services prévoyant qu’un conseil scolaire, contre le paiement de frais convenus, fournira des locaux, des programmes d’enseignement et des services spécialisés à des élèves des Premières Nations. À un second niveau, une telle entente témoigne du dialogue et de la relation entre une communauté des Premières Nations et le conseil scolaire, et elle précise comment ils vont collaborer afin d’offrir la meilleure éducation possible aux élèves des Premières Nations.

Les ententes de services d’éducation varient en fonction des types de services et de programmes déterminés d’un commun accord par la communauté des Premières Nations et le conseil scolaire. Une fois qu’une entente est en place, le conseil scolaire est tenu d’offrir les services et les programmes qu’elle prévoit. En plus de remplir ses obligations contractuelles, le conseil doit se conformer à certaines obligations générales, qui consistent à offrir :

  • Des services éducatifs conformes aux normes provinciales générales
  • Un milieu éducatif et un personnel enseignant qui respectent les cultures des Premières Nations, des Métis et des Inuits
  • Des programmes portant particulièrement sur ces cultures
  • Des rapports cohérents et opportuns à la commission de l’éducation de la Première Nation
  • La possibilité pour la Première Nation de participer à la vie des écoles fréquentées par ses élèves

L’article 185 de la Loi sur l’éducation permet aux conseils scolaires de conclure des ententes avec un conseil de bande ou une commission indienne de l’éducation pour que des élèves du conseil soient admis dans une école élémentaire indienne. Ces ententes sont souvent appelées « ententes à rebours » ou « ententes de réciprocité » sur les frais de scolarité.

Chaque conseillère ou conseiller des Premières Nations joue un rôle essentiel pour défendre les intérêts de sa communauté au sein du conseil scolaire et pour veiller à ce qu’il y ait un dialogue entre sa communauté et le conseil au sujet du travail de ce dernier et, en particulier, des questions touchant les élèves des Premières Nations.

Le rôle des conseillères et conseillers scolaires en Ontario

En vertu de la Loi sur l’éducation de l’Ontario, les personnes nommées à un conseil scolaire pour défendre les intérêts des élèves des Premières Nations sont considérées comme des membres élus du conseil, avec tous les droits et toutes les obligations rattachés à cette charge.

Chaque conseillère ou conseiller des Premières Nations partage les responsabilités suivantes avec les autres membres du conseil élu :

  • Assurer la gouvernance du conseil scolaire en étant à l’écoute de toutes les communautés du district
  • Agir dans l’intérêt supérieur de tous les apprenants du district
  • Défendre activement les intérêts des élèves ainsi que leur apprentissage et leur bien-être dans ses rapports avec les communautés, les municipalités et la province
  • Promouvoir la confiance de la population dans l’éducation financée par les fonds publics en communiquant efficacement les objectifs et les réalisations du conseil

Le conseil élu est chargé de définir l’orientation globale du système scolaire. Il s’acquitte de cette responsabilité en établissant un plan stratégique pluriannuel et en le révisant chaque année. Il assure également l’orientation du système grâce à ses processus de planification, d’élaboration, de mise en œuvre et d’évaluation des politiques. Enfin, dans son budget annuel, les orientations qu’il a approuvées déterminent l’attribution des ressources aux écoles et aux programmes.

Le conseil élu, par l’entremise de la directrice ou du directeur de l’éducation, tient le système scolaire pour responsable de la réalisation des résultats définis par son processus de planification. Il peut ensuite rendre des comptes à la population et au gouvernement provincial au sujet du rendement du système scolaire et des écoles.

Chaque conseillère ou conseiller des Premières Nations partage ces responsabilités avec les autres membres du conseil et contribue aux décisions que prend le conseil.

Les responsabilités particulières des conseillères et conseillers des Premières Nations

Chaque conseillère ou conseiller des Premières Nations assume les responsabilités suivantes :

  • Surveiller la négociation de l’entente de services d’éducation
  • Veiller à ce que les actions du conseil soient conformes à l’entente de services d’éducation
  • S’assurer que les deux parties à l’entente respectent leurs obligations
  • Voir à ce que des mécanismes soient en place pour assurer efficacement la responsabilisation envers la communauté des Premières Nations
  • Faire en sorte qu’une éducation scolaire et culturelle de haute qualité soit offerte aux élèves des Premières Nations
  • Veiller à ce que les élèves des Premières Nations soient à l’abri de tout harcèlement et de toute manifestation de racisme dans les écoles du conseil

Les conseillères et conseillers des Premières Nations sont aussi bien placés pour encourager la participation des parents et des communautés des Premières Nations à l’éducation de leurs enfants dans les écoles du conseil scolaire. Ce principe est également intégré dans le Cadre d’élaboration des politiques de l’Ontario en éducation des Premières Nations, des Métis et des Inuits.

Certaines ententes de services d’éducation prévoient aussi une représentation des Premières Nations au Comité consultatif pour l’enfance en difficulté (CCED) du conseil scolaire. Lorsqu’un conseil doit comprendre, aux termes du règlement, une conseillère ou un conseiller des Premières Nations, le CCED doit aussi inclure un membre des Premières Nations pour représenter les intérêts des élèves des Premières Nations. De même, de nombreux conseils scolaires se sont dotés d’un comité consultatif des Premières Nations, qui offre une tribune pour discuter des enjeux relatifs à l’éducation des élèves des Premières Nations. Une conseillère ou un conseiller des Premières Nations assume habituellement la présidence ou la coprésidence de ce comité, dont les membres incluent une représentante ou un représentant de chacune des Premières Nations ayant des élèves dans les écoles du conseil. De plus en plus souvent, ces comités sont également chargés d’examiner des programmes à l’intention des élèves métis et inuits ainsi que d’autres questions touchant ces élèves.

Les responsabilités de chaque conseillère ou conseiller

Le travail des conseillères et conseillers consiste à rester axés sur le rendement et le bien-être des élèves et à prendre part à des décisions qui profitent à l’ensemble du conseil, tout en représentant les intérêts de leurs électeurs. Ils doivent aussi interpréter le point de vue et les décisions du conseil élu lorsqu’ils en rendent compte à leurs électeurs. Il importe que les conseillères et conseillers sachent qu’ils peuvent bénéficier du soutien et des conseils de la directrice ou du directeur de l’éducation et des cadres supérieurs, et qu’ils connaissent bien les politiques du conseil pouvant s’appliquer aux questions dont ils discutent avec leurs électeurs.

La Loi sur l’éducation précise les responsabilités qui incombent à chaque membre d’un conseil scolaire :

  • S’acquitter de ses responsabilités de façon à aider le conseil à s’acquitter des fonctions que lui attribuent la Loi sur l’éducation ainsi que les règlements et les lignes directrices établies en vertu de la Loi
  • Assister et participer aux réunions du conseil, y compris les réunions des comités du conseil dont il est membre
  • Consulter les parents, les élèves et les contribuables du conseil relativement au plan pluriannuel du conseil
  • Porter à l’attention du conseil les préoccupations des parents, des élèves et des contribuables du conseil
  • Soutenir la mise en œuvre des résolutions du conseil après leur adoption par ce dernier
  • Laisser la gestion quotidienne du conseil au personnel, par l’entremise de la directrice ou du directeur de l’éducation
  • Rester axé sur le rendement et le bien-être des élèves
  • Se conformer au code de conduite du conseil

Une conseillère ou un conseiller scolaire est un membre d’une équipe – le conseil scolaire. Seul le conseil a le pouvoir de prendre des décisions ou des mesures; à titre individuel, les conseillères et conseillers ne sont pas investis de ce pouvoir. Bien que chaque membre du conseil représente une communauté, il a la responsabilité de participer à l’élaboration des politiques et à la planification stratégique dans l’intérêt de tous les élèves du conseil, afin de promouvoir leur rendement et leur bien-être. C’est ainsi que tous les membres du conseil ont la responsabilité de défendre les intérêts des élèves des Premières Nations, métis et inuits qui fréquentent les écoles du conseil.

Les élèves des Premières Nations, métis et inuits en Ontario

Les élèves des Premières Nations en Ontario

D’après l’Enquête nationale auprès des ménages menée en 2011 par Statistique Canada, quelque 201 100 membres de Premières Nations vivent en Ontario. Environ 37 % de ces personnes vivent sur une réserve. Il y a 133 communautés distinctes de Premières Nations en Ontario. À l’extérieur des réserves, plus de 60 % des membres des Premières Nations vivent en milieu rural ou, principalement, en milieu urbain. Toujours d’après l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011, parmi les membres des Premières Nations de l’Ontario, la population d’âge scolaire (âgée de 5 à 19 ans) s’élève à 55 185 personnes.

Les élèves des Premières Nations qui habitent dans une communauté des Premières Nations fréquentent soit les écoles de leur communauté, soit des écoles provinciales financées par les fonds publics. Les communautés des Premières Nations administrent un nombre important d’écoles et de programmes d’éducation alternative, en majorité au palier élémentaire. De plus, le gouvernement fédéral administre actuellement six écoles de la 1re à la 8e année en Ontario : l’une d’elles se trouve dans la réserve de Tyendinaga, près de Belleville, et les cinq autres sur la réserve des Six Nations de la rivière Grand, près de Brantford. Quarante conseils scolaires publics et catholiques de l’Ontario ont conclu des ententes de services d’éducation avec des communautés des Premières Nations.

La responsabilité financière de l’éducation des élèves des Premières Nations qui résident dans une communauté des Premières Nations incombe à Affaires autochtones et Développement du Nord Canada (AADNC), que ces élèves fréquentent l’école de leur communauté ou une école financée par les fonds publics.

Les élèves des Premières Nations qui vivent dans une communauté des Premières Nations et fréquentent une école administrée par un conseil scolaire ou une administration scolaire le font en vertu d’une entente de services d’éducation ou de frais de scolarité. Ces ententes juridiques sont exécutoires et sont habituellement négociées par les communautés des Premières Nations et le conseil scolaire.

Comme l’indiquent les données du recensement, une grande proportion des élèves des Premières Nations vivent à l’extérieur des communautés des Premières Nations, souvent en milieu urbain. Ces élèves ont déménagé avec leurs parents dans des villes ou ils y sont nés. Le défi des conseils scolaires est d’encourager l’auto-identification volontaire et confidentielle de ces élèves, en vue de connaître leur nombre pour être en mesure d’établir des plans et d’affecter des ressources afin de répondre à leurs besoins particuliers et de faire honneur à leur identité d’enfants et de jeunes des Premières Nations. Des politiques sur l’auto-identification volontaire et confidentielle sont en voie d’élaboration en collaboration avec les communautés des Premières Nations, et elles doivent prévoir comment les données seront recueillies, conservées, utilisées et partagées avec ces communautés.

Les élèves métis en Ontario

D’après l’Enquête nationale auprès des ménages menée en 2011 par Statistique Canada, quelque 86 015 Métis vivent en Ontario. L’Enquête indique également que, chez les Métis de l’Ontario, la population d’âge scolaire (âgée de 5 à 19 ans) s’élève à 19 045 personnes.

Les Métis sont un peuple autochtone distinct ayant une histoire, une culture et une langue particulières ainsi qu’un territoire qui lui est propre, qui inclut les voies navigables de l’Ontario et le pourtour des Grands lacs en plus de couvrir la région qu’on appelait autrefois le Nord-Ouest. Bien qu’il n’existe pas de consensus sur les critères permettant de définir avec exactitude le terme Métis, les Métis sont officiellement reconnus parmi les peuples autochtones du Canada par l’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982. Dans une décision unanime concernant les droits d’une famille appartenant à la communauté métisse de Sault Ste. Marie, la Cour suprême du Canada a confirmé qu’il existe des communautés métisses au Canada et que leurs droits ancestraux existants sont garantis par la Constitution.

Le terme Métis figurant à l’article 35 de la Constitution ne vise pas toutes les personnes d’ascendance mixte indienne et européenne, mais plutôt « les peuples distincts qui, en plus de leur ascendance mixte, possèdent leurs propres coutumes, façons de vivre et identité collective reconnaissables et distinctes de celles de leurs ancêtres indiens ou inuits d’une part et de leurs ancêtres européens d’autre part ». La Cour suprême n’a pas formulé de définition exhaustive du terme Métis pouvant servir à toutes fins utiles, mais elle a déterminé un moyen fondamental permettant d’identifier les Métis titulaires de droits, qui repose sur trois grands facteurs : l’auto-identification, les liens ancestraux avec la communauté métisse historique ainsi que l’acceptation par la communauté.

  • L’auto-identification – La personne doit s’identifier comme étant membre d’une communauté métisse. Toutefois, cela ne suffit pas : elle doit aussi prouver que ses ancêtres appartenaient à la communauté métisse historique.
  • Les liens ancestraux – Un Métis titulaire de droits doit faire la preuve de liens ancestraux avec la communauté métisse historique dont il exerce les droits collectifs.
  • L’acceptation par la communauté – La personne doit prouver qu’elle est acceptée par la communauté moderne. L’appartenance à une organisation politique métisse peut se révéler pertinente à cet égard, mais il faut alors fournir également des preuves des conditions d’adhésion à l’organisation et du rôle que joue cette dernière au sein de la communauté métisse. Ces preuves doivent pouvoir « se vérifier objectivement », c’est-à-dire qu’elles doivent être fondées sur des documents et qu’il doit y avoir un processus équitable pour établir l’acceptation par la communauté.

La Cour suprême a déclaré que l’inclusion des Métis dans les « peuples autochtones du Canada » visait à reconnaître et à valoriser les cultures métisses distinctives et à favoriser leur survie.

Le service de l’éducation et de la formation de la Métis Nation of Ontario en est aux premières étapes de son développement. Il s’appuie activement sur les infrastructures existantes et, grâce à des programmes de sensibilisation des communautés, des apprenants et des parents métis, il offre un nombre croissant de services et de mesures de soutien en matière d’éducation et de formation, en plus de participer à l’élaboration et à la révision du curriculum et de fournir des programmes favorisant la réussite des élèves métis.

En contribuant à l’établissement du curriculum et en fournissant des services de soutien à l’apprentissage, le service de l’éducation et de la formation de la Métis Nation of Ontario vise à réduire les écarts de rendement et à améliorer les résultats scolaires des élèves métis, depuis l’école élémentaire jusqu’à l’obtention du diplôme. Pour y parvenir, il faut accroître le contenu métis dans le curriculum de l’Ontario, veiller à ce que les investissements dans l’éducation des Autochtones répondent aux besoins des apprenants métis, et favoriser l’engagement des communautés et des parents métis dans les écoles et les grands enjeux relatifs à l’éducation.

Comme c’est le cas pour les élèves des Premières Nations, tous les conseils scolaires de l’Ontario ont une politique sur l’auto-identification volontaire et confidentielle, qui s’applique également aux élèves métis et inuits et est élaborée en consultation avec les communautés métisses et inuites.

Les élèves inuits en Ontario

D’après le recensement de 2006, il y a 2 035 Inuits en Ontario. D’après l’Enquête nationale auprès des ménages menée en 2011 par Statistique Canada, la population d’âge scolaire (âgée de 5 à 19 ans) s’élève à 1 055 personnes chez les Inuits vivant en Ontario. La majorité de ces élèves vivent dans la région d’Ottawa et fréquentent des écoles d’Ottawa. Dans l’ensemble du Canada, quelque 45 000 Inuits, soit environ 75 % de toute la population inuite, vivent dans 53 communautés réparties entre le Nunatsiavut (au Labrador), le Nunavik (au Québec), le territoire du Nunavut et la région désignée des Inuvialuits (dans les Territoires du Nord-Ouest). Chacun de ces quatre groupes d’Inuits a obtenu le règlement de ses revendications territoriales. Les régions occupées par les Inuits couvrent le tiers de la masse terrestre du Canada.

Le mot « Inuit » signifie « les gens » en inuktitut (langue des Inuits); c’est le terme par lequel les Inuits se dési-gnent eux-mêmes. Les Inuits sont le peuple autochtone de l’Arctique canadien. Pour comprendre en partie les difficultés auxquelles font face les familles inuites dans le domaine de l’éducation, il est nécessaire de passer en revue certains des changements sociaux rapides qui se sont produits au cours des 50 dernières années. Jusque dans les années 1950, la majorité des Inuits vivaient essentiellement en petits groupes semi-nomades, qui se nourrissaient des ressources de la terre et de la mer. Pendant les années 1950, les Inuits ont été relocalisés dans des communautés où leurs enfants ont été assimilés dans le système d’éducation canadien, soit dans des pensionnats, soit dans des écoles bâties dans les communautés du Nord au cours des années 1960.

Dans ces écoles, on décourageait activement les enfants de parler l’inuktitut; l’assiduité des élèves était assurée par la Gendarmerie royale du Canada, et les programmes d’enseignement étaient conformes aux programmes réguliers utilisés dans le Sud du Canada. L’apprentissage des enfants était fortement perturbé lorsque les familles quittaient leurs campements éloignés pour s’établir dans les communautés où se trouvaient les écoles afin de rester en contact avec leurs enfants. Beaucoup d’Anciens et de parents inuits, surtout dans les petites communautés, ne pouvaient pas comprendre pourquoi les aînés de leurs enfants, qui étaient en pleine forme et auraient pu les aider, devaient passer leurs journées assis à l’école afin d’apprendre des choses qui ne leur seraient jamais utiles dans la vie (selon la conception qu’ils s’en faisaient). Dès que les enfants atteignaient l’âge légal pour quitter l’école, de nombreuses familles les encourageaient à se joindre à elles pour chasser et assurer leur subsistance.

Ces changements extrêmement rapides ont eu un impact marqué sur les enfants inuits et leurs familles, mais l’adaptation des jeunes à la vie scolaire et leur réussite à l’école témoignent de la résilience de cette communauté. Par exemple, l’inuktitut (qui est la principale langue des Inuits) est l’une des langues autochtones les plus parlées au Canada, et 59 % des élèves inuits de l’Ontario obtiennent leur diplôme d’études secondaires.

La responsabilité partagée de l’éducation des élèves des Premières Nations, métis et inuits dans les écoles de l’Ontario

Le rôle des conseils scolaires

En plus de remplir leurs obligations contractuelles en vertu des ententes de services d’éducation, les conseils scolaires ont la possibilité de jouer un rôle important dans l’élaboration de programmes pédagogiques qui répondent aux besoins particuliers des élèves des Premières Nations, métis et inuits, tant à l’élémentaire qu’au secondaire. Ils ont également la possibilité de consulter les leaders locaux des Premières Nations, des Métis et des Inuits et de les faire participer à la création de programmes pédagogiques à l’intention de tous les élèves, qui font ressortir les avantages pour les élèves, les communautés et la société dans son ensemble d’offrir des expériences d’apprentissage faisant appel à la richesse des cultures, des perspectives, des visions du monde et des contributions des Premières Nations, des Métis et des Inuits. Le Cadre d’élaboration des politiques de l’Ontario en éducation des Premières Nations, des Métis et des Inuits, instauré en 2007, établit le contexte stratégique dans lequel le ministère de l’Éducation, les conseils scolaires ainsi que les partenaires et les communautés des Premières Nations, métis et inuits travaillent ensemble en vue d’améliorer le rendement scolaire des élèves autochtones (voir ci-après).

Il appartient à tous les membres d’un conseil scolaire – et pas seulement aux conseillères et conseillers des Premières Nations – de contribuer à créer la vision et à définir l’orientation stratégique qui guideront le conseil et ses écoles. À titre de représentant des élèves de sa Première Nation, une conseillère ou un conseiller des Premières Nations est tout à fait en mesure de veiller à ce que la culture de sa nation fasse partie de cette vision et à ce que l’orientation stratégique du conseil tienne bien compte des intérêts des membres des Premières Nations.

Les communautés des Premières Nations, des Métis et des Inuits sont intéressées à trouver des moyens de promouvoir et d’appuyer la réussite et le bien-être de leurs enfants. Tous les membres du conseil ont un rôle à jouer pour ce qui est de représenter les élèves des Premières Nations, métis et inuits ainsi que leurs familles à la table du conseil, de veiller à ce que leurs points de vue soient entendus et de promouvoir la réussite et le bien-être de ces élèves.

Le Cadre d’élaboration des politiques de l’Ontario en éducation des Premières Nations, des Métis et des Inuits

Le ministère de l’Éducation a publié le Cadre d’élaboration des politiques de l’Ontario en éducation des Premières Nations, des Métis et des Inuits en 2007. Le Cadre énonce des objectifs et des stratégies en vue de relever deux grands défis d’ici 2016 : améliorer le rendement des élèves des Premières Nations, métis et inuits, et réduire l’écart entre les élèves autochtones et l’ensemble des élèves.

En introduction, les orientations du Cadre sont décrites comme suit :

Les stratégies décrites dans le cadre d’élaboration sont fondées sur une approche globale et intégrée de l’amélioration du rendement des élèves autochtones. Les principaux facteurs qui nuisent au rendement des élèves autochtones sont le manque de sensibilisation du personnel enseignant aux styles d’apprentissage particuliers de ces élèves et le manque de compréhension de la culture, de l’histoire et des perspectives des Premières Nations, des Métis et des Inuits dans les écoles et les conseils scolaires. Les facteurs qui contribuent à la réussite de ces élèves comprennent l’application de stratégies d’enseignement appropriées aux besoins des apprenants autochtones, un programme d’études tenant compte des cultures et des perspectives des Premières Nations, des Métis et des Inuits, des activités efficaces de sensibilisation et de counselling des élèves, et un milieu scolaire qui encourage la participation des élèves et des parents autochtones. Il faut aussi que les éducatrices et éducateurs comprennent le point de vue des Premières Nations sur le système scolaire, un point de vue qui a été fortement affecté par des expériences en pensionnat et qui a créé une méfiance intergénérationnelle du système d’éducation. Il est capital que les élèves des Premières Nations, métis et inuits soient impliqués et se sentent bien accueillis à l’école, et qu’ils se reconnaissent eux-mêmes ainsi que leur culture dans le programme d’études et la communauté scolaire. (p. 6)

Le 5 mars 2014, le Ministère a publié le Plan de mise en œuvre du Cadre d’élaboration des politiques de l’Ontario en éducation des Premières Nations, des Métis et des Inuits, afin de poursuivre sur la lancée de la Stratégie d’éducation autochtone. Ce plan tire parti des progrès réalisés jusqu’à présent dans la mise en œuvre du Cadre et guide le travail du Ministère et des conseils scolaires en vue d’atteindre deux objectifs principaux d’ici l’année 2016 : améliorer le rendement et le bien-être des élèves des Premières Nations, métis et inuits, et réduire l’écart entre le rendement des élèves autochtones et celui de tous les élèves.

Depuis la publication du Cadre en 2007, des conseils scolaires d’un bout à l’autre de la province ont consenti des efforts intensifs et fructueux, appuyés par un financement du Ministère, en vue de parvenir à atteindre ses objectifs. Une approche globale et intégrée est nécessaire pour accroître le rendement des élèves des Premières Nations, métis et inuits. Parmi les facteurs qui contribuent à la réussite de ces élèves, on compte : l’application de stratégies d’enseignement répondant aux besoins des apprenants des Premières Nations, métis et inuits; un programme d’études tenant compte des cultures et des perspectives des Premières Nations, des Métis et des Inuits; des activités efficaces de sensibilisation et de counselling des élèves; et un milieu scolaire qui encourage la participation des élèves et des familles des Premières Nations, métis et inuits.

Conclusion

Les conseillères et conseillers des Premières Nations ont un rôle particulier, celui de travailler dans l’intérêt supérieur des élèves des Premières Nations qui fréquentent les écoles de l’Ontario. Ils ont également un rôle général à titre de membres d’un conseil scolaire, qui consiste à promouvoir le rendement et le bien-être de l’ensemble des élèves du conseil. Leurs collègues du conseil ont aussi des responsabilités à l’égard de toute la population scolaire, y compris les élèves des Premières Nations, métis et inuits. Ensemble, ils peuvent travailler pour faire en sorte que les cultures, les histoires, les perspectives et les visions du monde des Premières Nations, des Métis et des Inuits soient pleinement représentées dans les milieux d’enseignement et d’apprentissage de l’ensemble du conseil, afin d’enrichir l’expérience éducative de tous les élèves.

Références

Données démographiques : Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages de 2011, Les peuples autochtones au Canada : Premières Nations, Métis et Inuits www12.statcan.gc.ca/nhs-enm/2011/as-sa/99–011-x/99–011-x2011001-fra.cfm

Statistique Canada, Recensement de 2006, Peuples autochtones www12.statcan.gc.ca/census-recensement/2006/rt-td/ap-pa-fra.cfm

De solides bases : Deuxième rapport d’étape sur la mise en œuvre du Cadre d’élaboration des politiques de l’Ontario en éducation des Premières Nations, des Métis et des Inuits www.edu.gov.on.ca/fre/aboriginal/ASolidFoundationFr.pdf