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Module 15: Que faut-il pour exceller à la présidence d’un conseil scolaire?

Dans ce module, les membres des conseils scolaires vont examiner:
  • Les compétences et les connaissances qui contribuent à l’efficacité de la présidente ou du président d’un conseil scolaire
  • Les rôles respectifs de la présidente ou du président, de la direction de l’éducation et des conseillères et conseillers scolaires
  • Les principaux aspects du leadership

Introduction

Ce module est une ressource à l’intention des personnes élues à la présidence et à la vice-présidence des conseils scolaires ainsi que des conseillères et conseillers scolaires qui envisagent d’assumer la présidence de leur conseil.

Devenir une présidente ou un président de premier ordre

Chaque être humain a quatre dons : la conscience de soi, le sens moral, la libre volonté et l’imagination créatrice. Ces dons nous confèrent la liberté suprême : le pouvoir de choisir, de réagir et de changer.

  • Stephen R. Covey

Aux termes de la Loi sur l’éducation, les membres de chaque conseil scolaire doivent élire l’une ou l’un d’eux à la présidence pour un mandat d’un an. La présidente ou le président du conseil élu est un membre du conseil, choisi par ses collègues pour faire office de leader et les représenter. En tant que membre du conseil, la présidente ou le président n’a pas plus de droits ou de pouvoirs que ses collègues. Ce sont plutôt les autres membres du conseil qui, tous ensemble, lui confient un rôle de leader en l’élisant à la présidence. La présidente ou le président doit s’acquitter de certaines fonctions prévues dans la Loi sur l’éducation. Il lui appartient également de créer un climat propice au travail en collaboration, dans lequel tous les membres du conseil peuvent s’exprimer.

L’efficience, l’efficacité et la créativité du conseil, de même que sa capacité de régler les conflits et de résoudre les problèmes avec succès, sont souvent directement liées aux compétences et au style de leadership de la personne à la présidence. Les compétences de cette personne en matière de communications et de relations interpersonnelles peuvent également contribuer de façon marquée à rehausser le moral des conseillères et conseillers ainsi que du personnel.

Il fut un temps où bon nombre de présidentes et de présidents ne connaissaient que deux façons de s’acquitter de leurs fonctions. La première était d’« organiser » le conseil et de prendre les décisions, en indiquant aux membres comment les choses allaient se passer. La deuxième était d’occuper la présidence parce que c’était « son tour », sans être en mesure d’orienter le travail des membres de façon à produire des résultats utiles. Aucune de ces approches ne répond aux besoins des conseils de nos jours.

Au sein d’un conseil scolaire performant, une présidente ou un président efficace dirige l’examen d’enjeux importants afin d’amener le système scolaire à fonctionner de son mieux. Pour cela, il établit de bons rapports avec les membres du conseil, la direction de l’éducation et la communauté. Il se comporte comme le premier d’entre ses pairs et non comme un dictateur omnipotent. Il comprend qu’il a les mêmes fonctions que les autres membres du conseil, tout en assumant la responsabilité additionnelle de gérer les travaux du conseil. Le choix de la personne à la présidence est donc important, et il ne devrait jamais être pris à la légère.

Les présidentes et les présidents de premier ordre maîtrisent la pensée stratégique, sont des facilitateurs experts et savent communiquer clairement. Ils abordent leur mandat d’un an en étant capables d’établir et de maintenir des relations de travail positives avec la direction de l’éducation et les autres membres du conseil. Ils partagent, avec la direction de l’éducation, la responsabilité d’assurer la réussite de l’ensemble du système scolaire. Leur partenariat avec la direction de l’éducation permet de faire passer des messages tant aux membres du conseil qu’au système scolaire.

Caractéristiques d’une présidente ou d’un président de premier ordre

Il adopte toujours une vue d’ensemble.

On dit qu’un conseil devrait toujours planer à une altitude de 30 000 pieds, afin de surveiller l’activité du système scolaire sans se mêler de son fonctionnement quotidien. Un président efficace aide les membres du conseil à maintenir cette vue d’ensemble. Lorsque les membres soulèvent des questions liées au fonctionnement du système scolaire, il leur rappelle qu’ils ont déjà fourni une orientation au personnel grâce aux politiques et au plan stratégique, et qu’il importe qu’ils s’en tiennent à ce niveau. Le président ramène ainsi les membres du conseil à leur rôle de dirigeants stratégiques du système scolaire.

Il facilite le dialogue

Le conseil effectue son travail grâce aux discussions tenues à sa table. L’une des fonctions du président est évidemment de présider les réunions, mais une caractéristique d’un président de premier ordre est qu’il sait diriger les discussions de façon à encourager un dialogue constructif afin d’examiner les questions sous tous leurs angles. Lorsqu’il préside une réunion, il veille à ce qu’elle se déroule en conformité avec la législation et avec les règlements administratifs et les politiques du conseil, et il s’assure qu’elle commence et se termine à l’heure. En facilitant la discussion, il crée un contexte dans lequel des points de vue opposés peuvent être exprimés, entendus et remis en question, le tout pour en arriver à comprendre une situation. Les présidents qui maîtrisent ce rôle orientent les débats du conseil en disant, par exemple : « Nous pourrions peut-être envisager que… » ou « Quels points de vue n’avons-nous pas encore exprimés ou envisagés? ». Il appartient au président de veiller à ce que les discussions des membres du conseil produisent des décisions réfléchies, dans un climat de confiance.

Il entretient d’excellentes relations interpersonnelles.

La présidence d’un conseil scolaire n’est pas une sinécure. Le président n’est que le premier parmi ses pairs, mais il peut avoir à mettre fin à des comportements perturbateurs et à ramener à l’ordre les membres dont les actions entrent en conflit avec les vœux de la majorité. Il doit être très conscient de ce qu’il fait afin de reconnaître les moments où il s’est tellement investi dans une question qu’il n’est plus objectif et doit prendre du recul. Il lui faut bien écouter non seulement pour entendre ce qui se dit, mais aussi pour percevoir les inquiétudes sous-jacentes aux paroles prononcées. Il doit faire preuve d’empathie et reconnaître la bonne volonté de toutes les personnes avec lesquelles il travaille, même lorsqu’elles ont un comportement en apparence désobligeant ou indiscipliné. Un membre d’un conseil devient un président de premier ordre lorsqu’il est capable d’être en rapport avec les gens d’une manière qui lui permet à la fois de traiter des enjeux importants et de cultiver les relations. Il transmet alors le message suivant : « Je n’ai pas à partager votre avis pour veiller à ce que votre point de vue soit entendu. »

Il sait communiquer efficacement.

Sauf si le conseil confie cette responsabilité à quelqu’un d’autre, le président est le porte-parole du conseil et représente celui-ci auprès de la communauté et des intervenants. Pour cela, il doit savoir communiquer clairement, afin de bien représenter le système scolaire. Parfois, il doit aussi défendre des décisions contestées prises par le conseil, toujours en communiquant d’une façon qui montre sa foi dans le système scolaire.

De nos jours, les présidents de premier ordre sont des leaders de premier ordre, et les caractéristiques qui les distinguent dépassent largement le rôle limité auquel ils ont pu être cantonnés dans le passé. « Quelle que soit l’interprétation qu’on donne au rôle de président, il est clair que ce titre ne convient plus très bien à cette charge, qui exige beaucoup plus que de présider simplement des réunions. Les organisations intéressées à atteindre l’objectif inaccessible de l’excellence en gouvernance auraient avantage à examiner de près les attributions, le mode de nomination et le rôle de cet acteur essentiel[1]. »

Comprendre les rôles

Pour définir les rôles et les responsabilités de la présidente ou du président d’un conseil scolaire, il est essentiel de tenir compte des rôles et responsabilités du conseil (en tant que groupe) et de ses membres (à titre individuel). De plus, comme la personne à la présidence du conseil doit collaborer très étroitement et dans l’harmonie avec la direction de l’éducation, elle doit comprendre clairement les rôles et responsabilités associés à ce dernier poste. Une présidente ou un président solide et efficace comprend la distinction entre les rôles du conseil, de la direction de l’éducation et du personnel et, à titre de leader du conseil, il peut aider ses collègues à faire cette distinction.

Rôle du conseil élu

D’un point de vue général, le rôle du conseil élu consiste à :

  • Gouverner en étant à l’écoute de l’ensemble de la communauté;
  • Agir dans l’intérêt supérieur de tous les apprenants du district;
  • Défendre activement les intérêts des élèves ainsi que leur apprentissage et leur bien-être dans ses rapports avec les communautés, les municipalités et la province;
  • Promouvoir la confiance de la population dans l’éducation financée par les fonds publics en commu-niquant efficacement ses objectifs et ses réalisations.

De façon plus précise, en tant qu’institution représen-tant la population, le conseil élu est un décideur qui doit intégrer l’information concernant tous les facteurs qui influent sur ses activités, traiter et évaluer cette information et prendre des décisions compatibles avec ses convictions, ses valeurs et ses connaissances. Le conseil élu doit se soucier des intérêts de tous les élèves de son district plutôt que des intérêts de quelques élèves dans une école ou un secteur en particulier. Le conseil élu est chargé de définir l’orientation globale du système scolaire. Il s’acquitte de cette responsabilité en établissant un plan stratégique pluriannuel et en le révisant chaque année. Pendant qu’il élabore et révise ce plan, le conseil réexamine sa vision, sa mission, ses valeurs et ses convictions, et il détermine ses objectifs ou ses priorités stratégiques. Le conseil élu assure également l’orientation du système grâce aux processus qui lui permettent de planifier des politiques, de diriger leur élaboration et d’évaluer leur efficacité. De plus, l’attribution des ressources aux écoles et aux programmes dans le budget annuel du conseil scolaire doit être fondée sur les orientations approuvées par le conseil élu.

Le conseil élu, par l’entremise de la directrice ou du directeur de l’éducation, tient le système scolaire pour responsable de la réalisation des résultats définis par son processus de planification. Il s’acquitte de cette tâche en attribuant des responsabilités concernant ces résultats aux divers niveaux de l’organisation et en mettant en place un système de surveillance et d’évaluation afin que des rapports lui soient présentés à intervalles réguliers. Ce processus de responsabilisation permet ensuite au conseil élu de rendre des comptes à la population et au gouvernement provincial au sujet du rendement du système scolaire et des écoles.

Rôle de chaque conseillère ou conseiller scolaire

Une conseillère ou un conseiller scolaire est un membre d’une équipe – le conseil scolaire. Seul le conseil a le pouvoir de prendre des décisions ou des mesures; à titre individuel, les conseillères et conseillers ne sont pas investis de ce pouvoir. La Loi sur l’éducation précise comme suit le rôle de chaque membre d’un conseil scolaire :

Chaque membre d’un conseil doit :

  • s’acquitter de ses responsabilités de façon à aider le conseil à s’acquitter des fonctions que lui attribue la Loi sur l’éducation;
  • assister et participer aux réunions du conseil, y compris les réunions des comités du conseil dont il est membre;
  • consulter les parents, les élèves et les contribuables du conseil relativement au plan pluriannuel du conseil scolaire;
  • porter à l’attention du conseil les préoccupations des parents, des élèves et des contri-buables du conseil;
  • soutenir la mise en œuvre des résolutions du conseil après leur adoption par ce dernier;
  • laisser la gestion quotidienne du conseil à son personnel, par l’intermédiaire du directeur de l’éducation du conseil;
  • rester axé sur le rendement et le bien-être des élèves;
  • se conformer au code de conduite du conseil.

Loi sur l’éducation, article 218.1

La gouvernance est particulièrement efficace lorsqu’elle tient compte des points de vue de la communauté qui sont relayés par les conseillères et conseillers. En fait, la participation proactive de la communauté est un élément essentiel de la bonne gouvernance des conseils scolaires. Il est donc indispensable d’en arriver à un équilibre entre le pouvoir qui appartient au conseil élu et le rôle représentatif de chaque conseillère ou conseiller.

Bien que les membres du conseil représentent leurs électeurs, leur première tâche est de participer à l’élaboration des politiques et à la planification stratégique dans l’intérêt de l’ensemble des élèves du conseil, afin de favoriser leur rendement et leur bien-être. Les conseillères et les conseillers efficaces savent maintenir l’équilibre entre leur rôle de gouvernance et leur rôle de représentation : ils prennent part à des décisions qui profitent à l’ensemble du conseil tout en représentant les intérêts de leurs électeurs.

Ce dernier rôle fait partie des rapports personnels essentiels entre les conseillères et conseillers et la population qu’ils servent. À ce niveau, les communications personnelles font partie intégrante de la vie des conseillères et conseillers, ce qui peut être à la fois exigeant et gratifiant. Lorsque les électeurs appellent leur conseillère ou conseiller scolaire, c’est généralement pour trouver une solution à un problème particulier concernant un élève ou une école. La conseillère ou le conseiller doit alors savoir quoi faire pour obtenir des éclaircissements ou régler le problème. Avec l’aide du conseil élu, la direction de l’éducation détermine la marche à suivre par les conseillères et conseillers pour relayer les préoccupations de leurs électeurs. Souvent, le problème se règle ou les éclaircissements sont fournis lorsque la question est transmise au membre compétent de l’équipe de cadres supérieurs de la direction de l’éducation. Toutes les questions doivent être envisagées dans le cadre des politiques du conseil et des directives administratives qui en découlent. Si un membre du conseil est d’avis qu’une question mérite d’être soumise au conseil à une de ses réunions, il ne doit pas perdre de vue que la question relève alors de l’ensemble du conseil, dont tous les membres ont la responsabilité collective de l’examiner. Une fois que le conseil s’est prononcé sur la question, les conseillères et conseillers sont tenus de soutenir et de respecter sa décision. Un membre du conseil qui manquerait à cette obligation pourrait être reconnu coupable d’avoir violé le code de conduite du conseil. (Voir le module 17.)

Il importe de souligner qu’un changement apporté en 2009 par le Règlement de l’Ontario 190/09 précise qu’une personne nommée à un conseil scolaire pour défendre les intérêts des élèves des Premières Nations est membre à part entière de ce conseil, avec tous les droits et toutes les responsabilités que cela comporte. Cette personne peut donc être élue à la présidence ou à la vice-présidence du conseil.

Rôle de la présidente ou du président du conseil

Le conseil élit à sa présidence une personne qu’il est fier d’avoir pour le représenter. Le mandat à la présidence est d’un an. La présidente ou le président fait habituellement fonction de porte-parole du conseil et doit traiter avec la communauté et les médias, ainsi qu’avec les autres conseillères et conseillers et le personnel administratif du conseil. En 2009, la Loi sur l’éducation a été modifiée afin de préciser ces aspects du rôle de la présidence.

La présidente ou le président du conseil exerce les fonctions suivantes :

  • présider les réunions du conseil;
  • tenir les réunions conformément à la procédure et aux pratiques relatives à la tenue des réunions du conseil;
  • préparer l’ordre du jour des réunions du conseil, en consultation avec le directeur de l’éducation ou avec l’agent de supervision qui en exerce les fonctions;
  • veiller à ce que les membres du conseil disposent de l’information requise afin de débattre en connaissance de cause des points à l’ordre du jour;
  • faire office de porte-parole du conseil auprès du public, à moins que le conseil n’en décide autrement;
  • communiquer les décisions du conseil au directeur de l’éducation ou à l’agent de supervision qui en exerce les fonctions;
  • faire preuve de leadership au sein du conseil afin que celui-ci reste axé sur le plan pluriannuel;
  • faire preuve de leadership au sein du conseil afin que celui-ci reste axé sur sa mission et sa vision;
  • assumer les autres responsabilités précisées par le conseil.

Loi sur l’éducation, article 218.4

La présidente ou le président du conseil (ou la personne désignée par celui-ci) doit se trouver physiquement dans la salle à chaque réunion du conseil ou du comité plénier. Il lui est interdit de participer à une réunion par voie électronique. La Loi sur l’éducation ne précise pas le nombre d’années ou de mandats consécutifs durant lesquels une personne peut assumer la présidence, mais chaque conseil peut adopter une règle de procédure, une politique ou un règlement administratif à ce sujet.

Bien que la personne à la présidence d’un conseil soit investie d’un rôle de leader, il n’en reste pas moins qu’elle doit se conformer aux directives du conseil et ne peut pas agir unilatéralement. La loi lui confère la responsabilité d’établir l’ordre du jour des réunions du conseil, en consultation avec la direction de l’éducation. La façon la plus efficace de le faire consiste à demander la contribution des autres membres du conseil. La présidente ou le président travaille en étroite collaboration avec la direction de l’éducation pour faire en sorte que la volonté du conseil soit bien comprise, et avec le conseil pour lui présenter et lui expliquer les préoccupations de l’administration.

Aux termes de l’article 169.1 de la Loi sur l’éducation, chaque conseil est responsable du rendement et du bien-être des élèves ainsi que de la gestion efficace de ses ressources. Un élément essentiel du rôle de la présidente ou du président est donc d’aider le conseil à rester axé sur le rendement et le bien-être des élèves ainsi que sur la mission, la vision, les grandes priorités et la responsabilité fiduciaire du conseil – qui impose à chacun de ses membres d’agir dans l’intérêt supérieur de l’ensemble du conseil. À l’occasion, la présidente ou le président peut avoir à utiliser des techniques de facilitation ainsi que des stratégies de gestion et de résolution de conflits pour régler des différends afin que le conseil puisse continuer d’aller de l’avant en restant uni.

Rôle de la vice-présidente ou du vice-président

La Loi sur l’éducation prévoit que les membres du conseil peuvent élire parmi eux une vice-présidente ou un vice-président, qui assume la présidence en l’absence de la présidente ou du président. À titre de membre du conseil, la vice-présidente ou le vice-président a les mêmes rôles et responsabilités que ses collègues, et il assume ceux de la présidente ou du président, en son absence.

La vice-présidence représente une occasion précieuse d’apprentissage et de mentorat au sujet des fonctions et des responsabilités associées à la présidence d’un conseil. En présidant des comités du conseil, les conseillères et conseillers peuvent également acquérir des connaissances, de l’expérience et des points de repère qui les prépareront à assumer la présidence du conseil.

Rôle de la direction de l’éducation

D’un point de vue général, la directrice ou le directeur de l’éducation doit être un leader de premier plan dans le monde de l’éducation, être rompu aux subtilités de la politique, être au courant des faits nouveaux concernant la législation et influer sur l’évolution de celle-ci, avoir une vaste connaissance des lois provinciales pertinentes, être un éducateur exemplaire et maîtriser l’art des communications efficaces.

D’après l’article 283 de la Loi sur l’éducation, le directeur de l’éducation est « l’agent d’éducation en chef » et le « chef de service administratif » du conseil, et il doit « assurer et maintenir une organisation efficace ainsi que les programmes nécessaires à la mise en œuvre » de la politique établie par le conseil.

Le conseil recrute et choisit la directrice ou le directeur de l’éducation et se charge d’évaluer son rendement. Il devrait adopter une politique pour répartir les responsabilités entre le conseil – instance dirigeante qui établit la politique et les orientations générales – et la directrice ou le directeur de l’éducation – « agent d’éducation en chef » et « chef de service administratif » qui dirige, exécute et surveille les activités pour le compte du conseil. La direction de l’éducation et le conseil travaillent de concert pour définir et réaliser la vision, la mission, les objectifs stratégiques et les priorités de l’organisation. Les décisions du conseil élu sur les politiques et le budget, de même que le plan stratégique élaboré par le conseil, constituent le fondement du travail et de la responsabilisation de la directrice ou du directeur de l’éducation.

En matière de gouvernance, la relation la plus influente qu’entretient le conseil élu est sa relation avec la directrice ou le directeur de l’éducation, qui est le seul membre du personnel relevant directement de lui. Lorsque le conseil élu et la directrice ou le directeur de l’éducation entretiennent des rapports fondés sur la confiance, le respect et la collaboration et qu’ils comprennent bien leurs rôles respectifs, la mise en œuvre des politiques est efficace. Et lorsque le conseil élu a des questions ou des préoccupations touchant cette mise en œuvre, il doit en discuter en tout premier lieu avec la directrice ou le directeur de l’éducation.

Comme toute autre relation, la relation de travail entre la présidente ou le président du conseil et la direction de l’éducation doit reposer sur des valeurs communes, des communications ouvertes, la confiance et le respect mutuels ainsi que l’engagement à faire ce qui est le mieux pour les élèves, les familles et le personnel. Une relation solide et productive s’établit avec le temps. Chaque partie doit respecter le rôle et les responsabilités de l’autre partie et s’engager à développer un solide partenariat de travail.

La présidente ou le président du conseil en tant que leader

Bien que chaque membre d’un conseil scolaire soit un leader et contribue au bon fonctionnement du conseil, le leadership est une caractéristique essentielle de la présidente ou du président du conseil. Parmi les attributs d’un leadership efficace qu’on s’attend à retrouver chez cette personne, on compte l’empathie, une attitude positive, la détermination et la fermeté, l’objectivité, un talent pour mettre sur pied et motiver une équipe, la capacité d’instaurer la confiance, des compétences en communications et en présentation d’informations ainsi que de l’ingéniosité.

Le leadership, ce n’est ni l’affaire d’une seule personne, ni une question de style. En fait, le leadership éthique tient beaucoup plus à la façon dont nous respectons les autres et cultivons nos relations avec eux en vue du bien commun. Comment passer du « je » au « nous »? Comment faire en sorte que le travail accompli par l’ensemble du conseil élu ait beaucoup plus de valeur que ce que pourraient accomplir isolément tous ses membres?

  • Source : Module 1, La gouvernance efficace fondée sur un leadership éthique, Programme de perfectionnement professionnel des membres des conseils scolaires.

Un leadership fort est essentiel au rendement d’un conseil efficace. Des études de conseils et d’entreprises efficaces ont permis de reconnaître certaines caractéristiques particulières d’un leadership de premier ordre, dont les suivantes :

Caractère et intégrité
Le caractère d’un leader est un élément crucial qui permet de déterminer l’efficacité de son leadership. La loyauté et l’honnêteté sont les deux aspects les plus importants du caractère d’un leader. L’intégrité et la fidélité à de solides principes moraux sont d’autres caractéristiques importantes d’un leadership fort.

Vision
Chaque personne qui veut se faire élire à un conseil scolaire le fait pour une raison qui la dépasse. En tant que leader, elle a pour tâche d’exprimer clairement sa vision, de décrire comment celle-ci permettra d’améliorer les choses et, grâce à un dialogue sincère, d’amener ses collègues, le personnel du conseil et la communauté à partager sa vision. Avoir une vision de l’avenir aide un leader à fixer des objectifs, à établir une orientation et à inspirer autrui.

Attitude positive, détermination et fermeté
Avoir une attitude positive, même dans la pire des situations, est une caractéristique d’un bon leader. Son attitude et sa fermeté sont des facteurs importants pour parvenir à surmonter les difficultés. Comme tous ses collègues, la présidente ou le président d’un conseil scolaire se passionne pour la réussite et le bien-être des élèves ainsi que pour l’éducation publique. Un leader efficace croit que ses efforts auront un effet positif.

Confiance et respect
Un bon leader ne demande pas et ne commande pas le respect, mais il l’inspire. Le respect doit être réciproque et mutuel. Un leader fort donne le ton pour créer un climat de travail dans lequel le respect est fondé sur le type de discours social qui anime toute la communauté scolaire, en se mettant vraiment à l’écoute des autres et en accordant beaucoup d’importance à leurs opinions. Le respect et la confiance sont favorisés par un dialogue franc et ouvert.

La relation de confiance entre les membres d’une équipe favorise la mise en place d’une série de conditions organisationnelles qui encouragent les gens à instaurer et à maintenir les activités voulues pour produire des résultats positifs en atteignant les objectifs du conseil et en améliorant le rendement des élèves. La confiance est maintenue dans des relations où le respect, la considération pour autrui, la compétence et l’intégrité personnelle sont valorisés et mis en pratique.

Objectivité
L’objectivité est un aspect important du leadership. Il peut y avoir des situations dans lesquelles un leader doit mettre de côté ses opinions et ses convictions personnelles pour appuyer les décisions du conseil afin que celui-ci parle d’une seule voix aux médias et au public.

Ingéniosité
Assurer une gestion efficace des ressources, penser autrement et découvrir des solutions à des problèmes imprévus sont autant de fonctions importantes d’un leader. Les esprits créatifs ont confiance dans leurs propres capacités pour surmonter les difficultés avec efficience et efficacité. La pensée créatrice est la capacité d’avoir des idées originales, diversifiées et précises qui ouvrent des horizons et créent des possibilités. Lorsque les ressources sont limitées ou que les délais sont brefs, par exemple, un leader ingénieux trouvera des moyens innovateurs pour continuer à faire un excellent travail avec moins d’argent, de personnel ou de temps.

Pour exceller à la présidence, il faut :
  • Bien travailler avec les membres du conseil, le conseil en tant que groupe ainsi que la direction de l’éducation
  • Faire régner l’ouverture et la transparence à la table du conseil
  • Veiller à ce que l’ordre du jour soit toujours axé sur le rendement des élèves
  • S’efforcer continuellement d’améliorer le rendement du conseil
  • Diriger les travaux du conseil avec souplesse
  • Avoir un style de leadership ouvert
  • Avoir des expériences et des expertises très diversifiées
  • Se préparer à assumer ses fonctions
  • Être personnellement responsable du rendement du conseil élu
  • Établir l’équilibre entre la réglementation à suivre et la stratégie à mettre en œuvre

Adapté de : « What Makes a Great Board Chair », Governance, no 134, décembre 2004.

Conclusion

Les présidentes et présidents des conseils scolaires, qu’ils assument cette fonction pour la première fois ou depuis des années, s’efforcent de renforcer leur capacité de leadership et de développer sans cesse les compétences requises pour s’acquitter efficacement de leurs fonctions au service du conseil scolaire, de son personnel, des élèves et des familles.

De nombreux moyens s’offrent aux présidentes et aux présidents pour développer ces compétences. En assistant à des conférences, ils peuvent approfondir leur connaissance des principales questions liées à l’éducation qui ont une incidence sur les conseils scolaires. En participant à des ateliers sur la gouvernance et le leadership, ils peuvent accroître leurs compétences concernant la tenue des réunions du conseil, la gestion des relations publiques, la mobilisation des communautés et la résolution des conflits.

En se tenant en contact avec d’autres présidentes et présidents et en profitant d’activités structurées ou informelles de mentorat, ils peuvent acquérir des connaissances pratiques qui les aideront dans l’exercice quotidien de leur charge. En tirant parti de leur adhésion aux associations provinciales et nationales de conseils scolaires, ils peuvent avoir accès à une vaste gamme de ressources spécialement conçues pour les aider à assumer leur rôle de gouvernance.

Ce module offre un aperçu des principaux éléments du rôle des présidentes et présidents de conseils scolaires, et il vise également à appuyer les conseillères et conseillers qui aspirent à la présidence de leur conseil scolaire. Des outils d’autoévaluation ainsi que des ressources portant expressément sur la tenue de réunions efficaces et les relations avec les médias sont disponibles en ligne à l’adresse http://modules.ontarioschooltrustees.org/fr/resources/.

Référence


  1. Tim Plumptre, « Not a Rocking Chair! How board chairs can provide strategic leadership to public purpose organizations », Institut sur la gouvernance, 2007. www.orgwise.ca/sites/osi.ocasi.org.stage/files/resources/Not%20a%20Rocking%20Chair.pdf  ↩